Posts Tagged ‘renaud dély’

Où je me fais hara-kiri

27 mars 2011

“Un volcan s’éteint, un être s’éveille”, écrivait Pascal dans ses Pensées (à moins que ce ne fût Spinoza dans Voyage au bout de l’ennui). Ce n’est pas sans émotion que je relis aujourd’hui cet aphorisme. Chers lecteurs du Blog de Philippe V., éditorialiste martyr, vous qui m’avez soutenu sans coup férir depuis le complot chavezo-kadhafiste de “l’affaire Siné”, j’ai une bien triste nouvelle à vous transmettre. Après un état de mort clinique de 18 mois, ce blog va subir une interruption volontaire de grotesque. (more…)

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(7) La Val qui rit (“La Vache folle”)

10 septembre 2008

Déchiré par les conflits internes, en nette perte d’humour depuis qu’il se prend pour “La Lettre de la Nation” de l’écologie politique, “Charlie Hebdo” se découvre avec étonnement, Philippe Val ulcéré en tête, de l’autre côté de la critique. Après huit ans d’exercice, “Charlie” ne fait plus rire grand monde et les manœuvres de son rédacteur en chef commencent à filtrer au-delà des locaux de la rue de Turbigo…

Philippe Val a mal à son ego. Le journal des gens-comme-il-faut a osé insinuer que tout n’était pas rose au temple de la satire. Le 4 mars 2000, Le Monde a écorné le mythe de Charlie: celui d’une rédaction unie, fièrement dressée derrière son chef, reprenant en chœur son dernier tube et déclamant du Spinoza sur les bords de Marne. Le même mois, un malheur n’arrivant jamais seul, Val apprend que le président de Radio-France, Jean-Marie Cavada, souhaiterait se passer de ses précieux services; France Soir ricane; Serge Halimi et Dominique Vidal, dans un article du Monde diplomatique consacré aux dérives du traitement médiatique de la guerre au Kosovo (mars 2000), se fendent d’une spéciale dédicace à son propos; le réalisateur Pierre Carles l’agresse; l’agence Capa d’un côté et Denis Kessler (n°2 du Medef) de l’autre l’assignent en justice…

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Dividendes 2.0

13 août 2008
Le directeur du “Monde”, Éric Fottorino, lance ses hordes de journalistes avinés à l'assaut de “Charlie Hebdo”.

Le directeur du “Monde”, Éric Fottorino, lance ses hordes de journalistes avinés à l'assaut de “Charlie Hebdo”.

Oh, vous, je vous vois venir. Vous avez lu Le Monde, c’est ça ? J’ignore pourquoi ce journal me hait à ce point. Ce n’est pas la première fois qu’il met en doute la gauchitude de mes méthodes managériales et mon total désintéressement.

Si vous voulez mon avis, un vent mauvais d’antisémitisme souffle actuellement sur la France, depuis le bistrot du coin jusqu’à la rédaction en chef du quotidien dit de référence, en passant par les tuyaux anonymes de la Kommandantur libérale (aka le Ouèbe). Parmi mes nouveaux amis de gauche du Figaro, personne n’est dupe de la brune filiation du procédé utilisé: Val est un patron, Val est un actionnaire, Val est riche à millions, Val soutient la droite israélienne, donc Val est juif.

Voilà pourquoi me critiquer relève du plus pur antisémitisme. Et voilà pourquoi la Licra, le Crif, l’UEJF et SOS Racisme me soutiennent, tandis que les ahmadinejo-benladistes du Mrap ont signé la bête-immonde pétition en faveur de Siné Drieu La Rochelle.

Mais revenons sur ce papier dégueulasse, qui appelle au lynchage des riches.

Oui, je suis actionnaire et j’en suis fier. Tordons le cou aux clichés marxistes-léninistes ! Un actionnaire, c’est un peu comme un petit écureuil travailleur qui choisirait d’irriguer l’économie de la forêt plutôt que de dilapider ses glands et ses noisettes en faisant la bamboula jusqu’au petit matin. Relisez La Cigale et la fourmi. Qui c’est qu’a l’air con quand la bise fut venue ? C’est l’actionnaire, peut-être !

Oui, je suis patron de presse et je l’assume, d’où le titre de mon premier blog (“Philippe V., patron de presse”). Oui, malgré quelques pudeurs initiales je prends désormais plaisir à me retrouver, avec mes collègues patrons de tous horizons, à l’université d’été du Medef.

Oui, avec Cabu et Oncle Bernard on s’en met chaque année plein les fouilles et on en redemande! Manquerait plus qu’on investisse nos dividendes pour salarier nos pigistes ou qu’on les distribue à des feignasses communistes comme Tignous. Vous voudriez pas non plus qu’on soutienne des associations militantes, genre RESF, tant qu’on y est! J’ai des chats à nourrir et des traites à payer, moi, sans compter que ça coûte affreusement cher le personnel de maison, avec toutes ces cotisations que les socialo-communistes nous ont imposées quand ils étaient au pouvoir

Oui enfin, avec nos caricatures islamophobiques on a gagné le jackpot. Cinq cent mille exemplaires, qu’on en a vendus, de ces mauvais dessins! Pour une fois que les Arabes ramènent de l’argent et rendent service, on va pas pleurer.

Alors quoi ? Il est où le problème ? Je vais vous le dire, moi. Le problème, c’est que la France est un pays où les riches sont mal vus. Un pays où un taux d’imposition stalinien empêche les entrepreneurs de s’enrichir pour le bien de tous et les contraint à l’exil en Suisse ou en Irlande, les dissuadant d’investir afin de résorber le chômage. Un pays où une extrême gauche archaïque continue de revendiquer des avantages indus pour tous ceux qui vivent en parasites (les cheminots, les sans-papiers, les retraités par répartition, les chômeurs, les Rmistes…) pendant que la gauche qui se dit responsable (la bonne blague !) continue, d’un air dégoûté, de chipoter les bienfaits du libéralisme – sans lequel nous nous éclairerions toujours à la bougie.

Je suis las des sous-entendus selon lesquels je serais devenu un sale réac’. D’abord, comme l’aurait rétorqué Montaigne, c’est icelui qui dit qui y est. Ensuite, je pense que Nicolas Sarkozy est bien plus fidèle à l’idéal de la gauche qu’Olivier Besancenot ou José Bové. Comme le dit avec talent mon pote Renaud, ancien de Libé passé au Parisien puis à Marianne, lui que j’avais autoritairement recruté à Charlie il y a quelques années pour y pondre des chroniques duhaméliennes, la gauche française utilise un logiciel ancien et dépassé. Je m’y connais pas trop en informatique, mais sa métaphore sonne bien – d’ailleurs il la ressort à tout bout de champ.

En conclusion (provisoire), je dirais qu’aujourd’hui c’est l’extrême gauche, arc-boutée sur des privilèges d’un autre âge, qui est devenue de droite. Moi, j’ai “heupgrædé” mon logiciel – comme dit ma femme, qui s’y connaît méchamment en nouvelles technologies. Y a trente ans, je chantais avec mon comparse (dont le nom tarde à me revenir):

On a beau fouiller les quatre horizons,
Rien n’est plus poétique que l’autogestion.

Mais aujourd’hui, quand je reprends cet air à la guitare pour égayer les fins de soirée chez Cabu, j’en modernise habilement les paroles:

On a beau fouiller les quatre horizons,
Rien n’est plus bénéfique que les stock-options.

Le monde change, et les vrais intellectuels se doivent de conserver une souplesse de gymnastes pour évoluer avec lui. Je reconnais que ce n’est pas donné à tout le monde. Le problème avec les pauvres, comme dit souvent Oncle Bernard, c’est qu’ils ne comprennent rien à l’économie et qu’ils cherchent à dissimuler la ténuité de leur intelligence et de leur culture derrière de vieilles lunes crypto-trotskistes.

Alors pour que les choses soient bien claires désormais, je vous annonce une grande décision qui entérine de manière définitive le changement de logiciel de Charlie: j’ai décidé – n’en déplaise au diffamateur patenté Denis Robert et à ses sbires anticapitalistes – d’ouvrir le capital du journal à la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream.

En effet, comme je le déclarais il y a peu à un ami banquier qui se lève tôt le matin, “la presse a besoin de diversifier ses modes de financement. Et puis quand même, Clearstream, ce n’est pas un actionnaire comme les autres. Ça a un côté un peu provoc’ que n’aurait pas renié Choron.”