Posts Tagged ‘pierre carles’

Levée d’écrou

14 janvier 2009
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En déportation, comme autrefois en pensionnat, j'ai servi de bouc émissaire. Jack, de la chambre d'à coté, n'arrêtait pas de me poursuivre avec une hache en plastique en hurlant: "Wendy!" On s'entendait bien malgré tout car nous sommes tous deux écrivains. Lui écrit des livres avec une seule phrase; et moi j'ai pondu tous mes puddings à partir d'une seule idée – courte.

Le complice du Dr Petiot (je crois qu’il se nomme Mengele ou quelque chose comme ça) a fini par se rendre à l’évidence: sans moi, la France n’est plus tout à fait la France. Alors il a signé mon autorisation de sortie, non sans en référer préalablement au préfet de police de Paris (je crois qu’il se nomme Papon ou quelque chose comme ça), qui avait demandé mon internement (ma déportation, devrais-je dire) il y a deux mois et demi.

Et me voilà, errant sur le trottoir de la rue Cabanis, tel un hamster abandonné sur une aire d’autoroute au début du mois d’août, avec pour seuls bagages mes livres fétiches: Ennemis publics, de Laurel et Hardy, et “L’Éthique” pour les Nuls, de Michel Onfray. Me faire ça à moi! Je ne sais pas si c’est la proximité de la prison de la Santé ou quoi, mais je me sens un peu comme un islamiste du Hamas rendu à la liberté par le régime socialo-communiste de Nicolas Sarkozy (jamais avare de son laxisme envers les ennemis de la laïcité) après douze années de préventive.

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Philip Val, agent fédéral satirique (1)

23 septembre 2008
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Je n'ai que 24 heures pour faire rendre gorge à Saddam Halimi. Ce prédicateur halluciné de la critique fondamentaliste des médias menace de parachuter sur Los Angeles des pâtisseries orientales renfermant les versets sataniques de Pierre Bourdieu…

Mon nom est Philip Val et je suis agent fédéral satirique.

Un déluge d’emmerdes s’est abattu sur le Pays des hommes intègres.

Un terroriste octogénaire a pris possession des studios de CNN et menace de diffuser à la planète entière une apologie télévisuelle du conspirationnisme. Des talibans exercent un chantage au couscous sur la gastronomie américaine. Mon fils adoptif, Bernard-Henri-Lévy Val, fait l’objet d’une fatwa anonyme puis disparaît mystérieusement. Et au sein de ma propre unité, le commando Turbigo, des traîtres non identifiés semblent avoir partie liée avec l’ennemi.

Pour espérer sauver l’Occident, je dois passer 24 heures sans dormir, ni boire de café, ni aller faire caca.

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(7) La Val qui rit (“La Vache folle”)

10 septembre 2008

Déchiré par les conflits internes, en nette perte d’humour depuis qu’il se prend pour “La Lettre de la Nation” de l’écologie politique, “Charlie Hebdo” se découvre avec étonnement, Philippe Val ulcéré en tête, de l’autre côté de la critique. Après huit ans d’exercice, “Charlie” ne fait plus rire grand monde et les manœuvres de son rédacteur en chef commencent à filtrer au-delà des locaux de la rue de Turbigo…

Philippe Val a mal à son ego. Le journal des gens-comme-il-faut a osé insinuer que tout n’était pas rose au temple de la satire. Le 4 mars 2000, Le Monde a écorné le mythe de Charlie: celui d’une rédaction unie, fièrement dressée derrière son chef, reprenant en chœur son dernier tube et déclamant du Spinoza sur les bords de Marne. Le même mois, un malheur n’arrivant jamais seul, Val apprend que le président de Radio-France, Jean-Marie Cavada, souhaiterait se passer de ses précieux services; France Soir ricane; Serge Halimi et Dominique Vidal, dans un article du Monde diplomatique consacré aux dérives du traitement médiatique de la guerre au Kosovo (mars 2000), se fendent d’une spéciale dédicace à son propos; le réalisateur Pierre Carles l’agresse; l’agence Capa d’un côté et Denis Kessler (n°2 du Medef) de l’autre l’assignent en justice…

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(1) Une lettre de Pierre Carles

10 septembre 2008

À Philippe Val,
 Rédacteur en chef de “Charlie Hebdo”
Nîmes, le 16 février 2000

Cher Philippe,

Je me demandais si tu allais me faire signe pour m’expliquer ce qui avait motivé la suppression d’une partie de mes propos dans l’interview publiée dans Charlie Hebdo du 3 février dernier… Mais ne voyant rien venir, au bout de trois semaines, je me décide à t’écrire. J’aimerais en effet que tu me dises pourquoi une phrase a disparu de l’entretien avec les membres du groupe Zebda, retranscrit par Olivier Cyran qui – à ma demande – me l’avait faxé avant publication. De même, pourquoi as-tu fait retirer mon nom du titre en page 10 du journal, ce qui aboutit du coup à un contresens?

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Pierre Carles, le Leni Riefenstahl de la propagande valophobe, a été surnommé par Sigmund Freud, du fait de ses mauvaises fréquentations, “l'homme aux rats”.

Les lecteurs de Charlie Hebdo ont dû être un peu surpris de lire dans leur journal: “Zebda: Y a pas d’arrangement avec la télé”, alors que les membres du groupe toulousain disaient à peu près le contraire dans l’entretien. Lorsque j’ai rencontré Joël, Magyd, Mouss et Tayeb, le 21 janvier dernier, pour discuter de leurs passages à la télévision et débattre avec eux de l’intérêt de se rendre ou pas dans des émissions de télévision (comme celle, par exemple, de Michel Field sur France 3), ils estimaient qu’il fallait parfois accepter de collaborer avec le petit écran pour avoir une chance de se faire entendre. Je défendais une position nettement moins conciliatrice. Je n’ai donc pas bien compris comment notre entretien initialement titré “Pierre Carles / Zebda: Y a pas d’arrangement avec la télé” (ce qui résumait à la fois ma position et constituait un clin d’œil à Zebda en référence à leur chanson Y a pas d’arrangement) s’était subitement retrouvé amputé de mon nom. Ce dernier absent, le titre de l’article se transformait en simple jeu de mots et dénaturait même le sens de l’interview. Était-ce l’effet recherché?

Cette disparition prend peut-être son sens quand on sait qu’une partie de mes propos non-publiés avait trait à Charlie Hebdo et à l’évolution de sa ligne rédactionnelle de ces derniers mois (soutien de son rédacteur en chef à l’opération de l’OTAN lors de la guerre au Kosovo, appel à voter pour le candidat écolo-libéral Daniel Cohn-Bendit au moment des élections européennes).

Dans le passage qui suit, les premières phrases ont été publiées par Charlie: “Un jour, il y avait Denis Robert chez Delarue. Denis Robert, c’est ce type qui a fait un bouquin pour expliquer pourquoi les affaires ne sortent pas. Ça m’a énervé que Robert vienne parler de corruption et ne dise rien sur Delarue, qui se fait plein de fric grâce à sa maison de production. Il le dédouanait. C’est la même chose avec Field, qui a lui aussi sa boîte privée. Ces types-là se servent de vous pour entretenir leur image. Ils font illusion.” Mais, dans l’entretien, j’ajoutais: “Tout comme Charlie Hebdo, toutes proportions gardées, fait illusion grâce à des gens comme Charb ou Siné.” Et un des membres de Zebda me répliquait: “Je ne vois pas ça comme ça. Je ne crois pas que Charlie ait besoin d’alibi.” Ces dernières phrases ont disparu du texte de l’interview.

Je me souviens d’un temps pas si éloigné où tu dénonçais la censure dont tu avais été victime à la télévision en raison de propos concernant la firme Vivendi. Je sais aussi, d’expérience, qu’on peut toujours invoquer des “raisons techniques” (pas assez de place, d’espace) pour dissimuler des choix qui sont d’ordre politique. Je serais très sincèrement désolé que tu t’inspires à ton tour de telles pratiques.

Bien à toi,
Pierre Carles

Via presselibre.net

Mon bug de l’an 2000

9 septembre 2008
C'est au cours de l'année 2000

C'est au cours de l'année 2000 que ma réputation, ravagée par un incendie, devait s'effondrer auprès des lecteurs de “Charlie” situés, sur l'échiquier politique, à la gauche de Manuel Valls. Cette campagne de haine préfigurait la guerre des Civilisations qui nous serait déclarée le 11-Septembre.

2000, annus horribilis !

J’en ai tellement bavé, cette année-là, que je commençais à ressembler à un escargot.

Un lynchage, une lapidation, que dis-je! un pogrom valophobe. De tout côté pleuvaient les coups: du Medef au Monde diplo, de Pierre Carles à Patrick Sébastien, de PLPL à France-Soir

Une sanglante corrida qui me prenait pour cobaye. Une féroce chasse à courre dont j’étais le canard sauvage.

La curée ! L’apocalypse !

Moi qui n’avais pas pris au sérieux leur histoire de bug de l’an 2000, je l’ai bien regretté par la suite. Mon logiciel personnel a tellement planté à cette époque que j’ai préféré réinitialiser mon disque dur politique.

J’en ai d’ailleurs profité pour installer un nouveau système d’exploitation à la place de mes logiciels libres pour gauchistes archaïques: j’ai choisi Stock-Options 2000™, une interface sympa, très intuitive, adoptée par 99% des éditorialistes français.

Ensuite, je n’ai plus connu de problèmes. Finis les plantages, bloqués les virus, ce truc a réponse à tout. Et puis c’est livré avec un carnet d’adresses très fourni qui m’a permis de me faire plein de nouveaux copains.

Aujourd’hui que je suis tiré d’affaire – Bertrand Delanoë envisagerait, me dit-on, de rebaptiser à mon nom l’avenue Émile-Zola –, je veux bien revenir avec vous sur l’ouragan de calomnies qui a, cette année-là, dévasté Joinville-le-Pont, la Nouvelle Orléans du Val-de-Marne…

Exceptionnellement, sachant que ça ne sortira pas d’ici, j’ai décidé de vous ouvrir mes “archives interdites”, jusque-là conservées au Musée historique national de l’humour involontaire. Vous aurez le droit de tout lire, mais à condition de n’en rien croire…

Je balancerai la bolognaise à partir de demain, histoire de faire concurrence au premier numéro de la Pravda anarcho-sunnite – que vous n’achèterez pas, hein? pas de blague? je peux compter sur vous? – emmenée par ce monsieur Sinet-Siné (SS) qui ne grandit pas la France qui l’a vu naître.

Au sommaire :

  1. Une lettre (injurieuse) de Pierre Carles
  2. Un article (malhonnête) du Monde diplo
  3. Un article (mensonger) du Monde
  4. Mon édito (bouleversant) à la sauce Caliméro
  5. Une lettre (fielleuse) de Serge Halimi
  6. Ma réponse (convaincante) au Monde
  7. Un article (lamentable) de La Vache folle
  8. Un dossier (antisémite) de PLPL