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Nous sommes tous des Sherry Jones !

13 août 2008
La censure iranienne à l'assaut des Éditions Random House.

La censure iranienne s'apprêtant à égorger les Éditions Random House.

Ce matin, Caroline a pénétré en trombe dans mon bureau, sans même frapper, rouge comme un piment, alors que je rédigeais l’hommage à Alex (Soljenitsyne) que m’a commandé la World Anti-Communist League.

— Philippe, c’est terrifiant! Mahmoud Amhadinejad a infiltré l’une des plus prestigieuses maisons d’édition américaines! La nouvelle Taslima Nasreen s’appelle Sherry Jones, elle est américaine, et son livre a été autocensuré par l’éditeur Random House sur l’injonction de Téhéran !

Parcouru de frissons à l’énoncé de cette nouvelle reculade de la civilisation occidentale face à la barbarie persane, j’ai nettoyé mes lunettes, embuées par la colère, et demandé à ma secrétaire de me resservir un Nesquik. Pendant que je reprenais mes esprits en sirotant mon breuvage, Caroline a poursuivi :

— Vois ! Tous les détails de cette nouvelle affaire Dreyfus figurent sur le bloggue de Pierre Assouline.

J’étais un peu méfiant, vous l’imaginez. Un héritier des Lumières tel que moi n’a pas pour habitude de se fier aux étrons flottant dans les tuyaux de l’Internet, cette Kommandantur libérale livrée aux pauvres et aux skinheads. Mais Caroline, qui est une spécialiste reconnue de l’antiterrorisme cybernétique, m’a rassuré.

— Y a bloggue et bloggue, Philippe. Les bloggues des gens connus qui vendent plein de livres, enseignent à Sciences Po et passent à la télé – comme Assouline et moi – sont des sources d’information tout à fait crédibles, contrairement aux bloggues insanes des anonymes venimeux qui rendent la mondialisation et les États-Unis responsables de leurs fins de mois difficiles.

C’est vrai que Caroline a un bloggue super intéressant, avec des extraits de toutes les émissions de télé où elle est passée cette année – y en a tellement qu’on se croirait aux archives de l’INA! Et puis dans les bloggues de qualité, y a aussi celui de Christophe Barbier ou de Jean-Michel Aphatie, ce qui prouve que si l’Internet était réservé aux éditorialistes responsables, on n’en serait pas là.

Mais revenons à nos moutons égorgés. Donc, un écrivain courageux, Sherry Jones, rédige un ouvrage lucide sur la troisième épouse du prophète : Aïcha. On savait déjà, grâce aux caricatures danoises publiées par Charlie, que Mahomet était l’inventeur des attentats-suicides, eh bien, ce n’était que du pipi de chameau de La Mecque à côté du pot aux roses que Sherry Jones vient cette fois nous révéler : figurez-vous que la figure sainte de l’islam a aussi inventé la pédophilie. Qu’on en juge: lorsque Mahomet a consommé son mariage avec Aïcha, celle-ci n’avait que 9 ans!

Même Caroline, qui est pourtant une spécialiste incontestée de l’islam radical depuis le 12 septembre 2001, l’ignorait, c’est vous dire si les Arabes ont pris soin de dissimuler cet ignoble secret de famille qui en dit long sur leurs mœurs dépravées. Ce n’est pas chez nous qu’on verrait ça! À titre de comparaison, quand on fiança Louis XV, à l’âge de 9 ans, à Marie-Anne-Victoire d’Espagne, on prit grand soin de respecter une différence d’âge raisonnable entre les futurs époux: la jeune femme, en effet, avait 3 ans bien sonnés.

Mais revenons à nos turbans. Le livre de Sherry devait sortir cet automne chez Random House (“la maison des lâches”, en anglais). Mais voici qu’à l’heure de préparer sa promotion, au lieu de demander une recension dithyrambique à des spécialistes de la barbarie islamique tels que mes camarades Bernard, Alexei ou Caroline, l’auteur se met en tête de solliciter une universitaire hystérique et hallalo-ramadaniste: la dénommée Denise Spellberg, “professeur d’histoire de l’Islam à l’université du Texas à Austin”, comme nous l’apprend Pierre Assouline.

Soucieuse de ménager la susceptibilité de ses amis d’Al Qaida, la Spellberg se met alors à dénigrer ce livre, que j’imagine érudit et superbement écrit, avec une violence verbale que n’eût pas reniée Pol Pot, le qualifiant de “pornographie soft”. Pire encore, répercutant le diktat du Führer de Téhéran, cette Castafiore en burqa annonce à qui veut l’entendre que si ce livre devait sortir en librairies aux États-Unis, les obscènes légions mahométanes se mettraient en route vers nos contrées civilisées pour y autodafer nos bibliothèques et y contraindre nos enfants à la virginité en vue de les épouser de force.

C’est alors que, sur la seule foi des prédictions de cette Nostradamus jihadophile, Random House décide d’annuler la parution du livre de Sherry Jones, prétextant craindre des mesures de rétorsion à l’encontre de ses employés et de toute personne contribuant à la diffusion de l’ouvrage. Un acte de censure ignoble, et la preuve ultime que la charia, après s’être imposée en France comme nouveau code civil, a enterré la sublime Constitution des États-Unis d’Amérique.

Pendant ce temps, confirmant leur perversité congénitale, les musulmans – qui ont pourtant, selon toute vraisemblance, dicté à la Spellberg son anathème par le biais du téléphone arabe – se taisent et n’émettent aucune critique contre le livre. Une attitude hypocrite qui ne trompe personne sur leurs véritables intentions, si ce n’est les islamo-gauchistes de la LCR, toujours prompts à s’aveugler sur le fascisme vert.

La morale de cette histoire, c’est qu’un éditeur qui bâillonne l’un de ses auteurs par crainte de mesures de rétorsion purement virtuelles, alors que le texte censuré ne casse pas trois pattes à un canard, n’est plus digne d’exercer sa profession. Ce n’est pas à Charlie que l’on s’abaisserait de la sorte, vous pouvez m’en croire! Comme le dit Caroline, sans se départir de son humour dévastateur malgré les plaques d’urticaire qui lui dévorent le visage dès que l’islam gagne un pouce de terrain, le Munichois qui préside aux destinées de Random House ferait mieux d’aller vendre des kebabs à Damas !

Toujours réactive lorsqu’il s’agit de défendre les valeurs universelles de l’Occident chrétien, Caro vient d’ailleurs d’entamer l’écriture de son prochain best-seller, qui sera consacré à cette affaire – et qui dévoilera en passant, à partir d’archives inédites du Pentagone, le rôle de premier plan des Iraniens dans la Sainte Inquisition.

Elle a déjà trouvé son titre : Frère Random.

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13 août 2008
Le directeur du “Monde”, Éric Fottorino, lance ses hordes de journalistes avinés à l'assaut de “Charlie Hebdo”.

Le directeur du “Monde”, Éric Fottorino, lance ses hordes de journalistes avinés à l'assaut de “Charlie Hebdo”.

Oh, vous, je vous vois venir. Vous avez lu Le Monde, c’est ça ? J’ignore pourquoi ce journal me hait à ce point. Ce n’est pas la première fois qu’il met en doute la gauchitude de mes méthodes managériales et mon total désintéressement.

Si vous voulez mon avis, un vent mauvais d’antisémitisme souffle actuellement sur la France, depuis le bistrot du coin jusqu’à la rédaction en chef du quotidien dit de référence, en passant par les tuyaux anonymes de la Kommandantur libérale (aka le Ouèbe). Parmi mes nouveaux amis de gauche du Figaro, personne n’est dupe de la brune filiation du procédé utilisé: Val est un patron, Val est un actionnaire, Val est riche à millions, Val soutient la droite israélienne, donc Val est juif.

Voilà pourquoi me critiquer relève du plus pur antisémitisme. Et voilà pourquoi la Licra, le Crif, l’UEJF et SOS Racisme me soutiennent, tandis que les ahmadinejo-benladistes du Mrap ont signé la bête-immonde pétition en faveur de Siné Drieu La Rochelle.

Mais revenons sur ce papier dégueulasse, qui appelle au lynchage des riches.

Oui, je suis actionnaire et j’en suis fier. Tordons le cou aux clichés marxistes-léninistes ! Un actionnaire, c’est un peu comme un petit écureuil travailleur qui choisirait d’irriguer l’économie de la forêt plutôt que de dilapider ses glands et ses noisettes en faisant la bamboula jusqu’au petit matin. Relisez La Cigale et la fourmi. Qui c’est qu’a l’air con quand la bise fut venue ? C’est l’actionnaire, peut-être !

Oui, je suis patron de presse et je l’assume, d’où le titre de mon premier blog (“Philippe V., patron de presse”). Oui, malgré quelques pudeurs initiales je prends désormais plaisir à me retrouver, avec mes collègues patrons de tous horizons, à l’université d’été du Medef.

Oui, avec Cabu et Oncle Bernard on s’en met chaque année plein les fouilles et on en redemande! Manquerait plus qu’on investisse nos dividendes pour salarier nos pigistes ou qu’on les distribue à des feignasses communistes comme Tignous. Vous voudriez pas non plus qu’on soutienne des associations militantes, genre RESF, tant qu’on y est! J’ai des chats à nourrir et des traites à payer, moi, sans compter que ça coûte affreusement cher le personnel de maison, avec toutes ces cotisations que les socialo-communistes nous ont imposées quand ils étaient au pouvoir

Oui enfin, avec nos caricatures islamophobiques on a gagné le jackpot. Cinq cent mille exemplaires, qu’on en a vendus, de ces mauvais dessins! Pour une fois que les Arabes ramènent de l’argent et rendent service, on va pas pleurer.

Alors quoi ? Il est où le problème ? Je vais vous le dire, moi. Le problème, c’est que la France est un pays où les riches sont mal vus. Un pays où un taux d’imposition stalinien empêche les entrepreneurs de s’enrichir pour le bien de tous et les contraint à l’exil en Suisse ou en Irlande, les dissuadant d’investir afin de résorber le chômage. Un pays où une extrême gauche archaïque continue de revendiquer des avantages indus pour tous ceux qui vivent en parasites (les cheminots, les sans-papiers, les retraités par répartition, les chômeurs, les Rmistes…) pendant que la gauche qui se dit responsable (la bonne blague !) continue, d’un air dégoûté, de chipoter les bienfaits du libéralisme – sans lequel nous nous éclairerions toujours à la bougie.

Je suis las des sous-entendus selon lesquels je serais devenu un sale réac’. D’abord, comme l’aurait rétorqué Montaigne, c’est icelui qui dit qui y est. Ensuite, je pense que Nicolas Sarkozy est bien plus fidèle à l’idéal de la gauche qu’Olivier Besancenot ou José Bové. Comme le dit avec talent mon pote Renaud, ancien de Libé passé au Parisien puis à Marianne, lui que j’avais autoritairement recruté à Charlie il y a quelques années pour y pondre des chroniques duhaméliennes, la gauche française utilise un logiciel ancien et dépassé. Je m’y connais pas trop en informatique, mais sa métaphore sonne bien – d’ailleurs il la ressort à tout bout de champ.

En conclusion (provisoire), je dirais qu’aujourd’hui c’est l’extrême gauche, arc-boutée sur des privilèges d’un autre âge, qui est devenue de droite. Moi, j’ai “heupgrædé” mon logiciel – comme dit ma femme, qui s’y connaît méchamment en nouvelles technologies. Y a trente ans, je chantais avec mon comparse (dont le nom tarde à me revenir):

On a beau fouiller les quatre horizons,
Rien n’est plus poétique que l’autogestion.

Mais aujourd’hui, quand je reprends cet air à la guitare pour égayer les fins de soirée chez Cabu, j’en modernise habilement les paroles:

On a beau fouiller les quatre horizons,
Rien n’est plus bénéfique que les stock-options.

Le monde change, et les vrais intellectuels se doivent de conserver une souplesse de gymnastes pour évoluer avec lui. Je reconnais que ce n’est pas donné à tout le monde. Le problème avec les pauvres, comme dit souvent Oncle Bernard, c’est qu’ils ne comprennent rien à l’économie et qu’ils cherchent à dissimuler la ténuité de leur intelligence et de leur culture derrière de vieilles lunes crypto-trotskistes.

Alors pour que les choses soient bien claires désormais, je vous annonce une grande décision qui entérine de manière définitive le changement de logiciel de Charlie: j’ai décidé – n’en déplaise au diffamateur patenté Denis Robert et à ses sbires anticapitalistes – d’ouvrir le capital du journal à la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream.

En effet, comme je le déclarais il y a peu à un ami banquier qui se lève tôt le matin, “la presse a besoin de diversifier ses modes de financement. Et puis quand même, Clearstream, ce n’est pas un actionnaire comme les autres. Ça a un côté un peu provoc’ que n’aurait pas renié Choron.”