Posts Tagged ‘daniel mermet’

Coup d’État à “Là-bas si j’y suis”

29 juin 2009

Daniel Mermet

Daniel Mermet passait le plus clair de son temps pendu au téléphone avec ses camarades bolivariens d'Amérique latine. Ses notes de portable nous coûtaient trop cher, je me devais d'y mettre le holà!

Des vigiles ont arrêté puis expulsé vers le Costa Rica l’animateur de “Là-bas si j’y suis”, Daniel Mermet, qui était sur le point d’organiser une consultation populaire jugée illégale par la nouvelle direction de France Inter. L’hyperphilosophe Alain Finkielkraut a été désigné pour lui succéder.

De la place de la Concorde à celle de la Bastille, des dizaines de milliers de manifestants réclament son retour sur France Inter. Les retransmissions des chaînes de télévision et de radio ont été interrompues, les aéroports de Roissy et d’Orly ont été fermés, l’électricité et les communications ont été coupées dans la capitale. (more…)

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Maniaco-remaniement à France Inter

23 juin 2009
val

Quand j'étais petit, je rêvais d'être Léo Ferré. Aujourd'hui, je suis fier d'avoir mis ma vie au diapason de ses chansons: “La révolution tralalère/La révolution tralalère/ La révolution tralalère/Quand ça tralalère trop ça s'casse/Ça s'met dans un coin à glander/Ça s'met dans un coin à glander/Pour longtemps de préférence…”

– Monsieur V. est arrivé, Monsieur le président.

– Bien, faites-le entrer… Salut Philippe, comment tu vas?

– Bonjour Jean-Luc. Ben, ça peut aller… Enfin, disons que ça pourrait aller mieux. Je ne sais pas ce que j’ai fait au bon Dieu des laïques: dès que j’apparais quelque part, les masses laborieuses se révoltent dans le quart d’heure qui suit. À part en Iran, où là – juré, craché –, je n’y suis pour rien.

– C’est justement à ce sujet que je voulais te voir, Philippe. Depuis hier matin mon téléphone n’arrête pas de sonner. Tout le monde me parle de toi, et surtout de ta première décision en tant que directeur de France Inter. Même mon ami Obama est inquiet. Il m’annonce que le Département d’État et le Département de la Défense suivent de près ta future grille des programmes, de peur que tu ne déclenches la Troisième Guerre mondiale. Mais qu’est-ce qui t’a pris Philippe? À peine arrivé, tu vires un gars qui nous a ramené 400.000 auditeurs en quelques mois! (more…)

Radioamateur

17 juin 2009
Pour fêter

Pour fêter mon arrivée à la tête de France Inter, j'ai décidé de faire rebâtir la Maison Ronde dans le maquis du Vercors, sur le modèle de la basilique de Yamoussoukro.

– Allô… ?

– Salut Philippe, c’est Jean-Luc.

– Alors, ça y est ?

– Ben… pas tout à fait. C’est-à-dire qu’en fait, y a toujours un peu de retard. Je suis désolé Philippe, tu vas me détester mais…

– Écoute Jean-Luc, ça fait maintenant deux mois que t’es désolé. Fait chier, merde! Je ne sais plus quoi dire aux journalistes, moi. À chaque fois qu’ils m’appellent, je prétexte queje ne suis pas à Paris, donc je ne suis au courant de rien. Pas étonnant que tout le monde sur le Web se foute de ma gueule.

Et puis je te rappelle que j’ai démissionné de Charlie Hebdo, moi, avec tes conneries. Je suis à poil, maintenant. Plus de boulot, plus de salaire, plus d’amis, et tous les illuminés du Web qui veulent ma peau. Dans un mois, tel que c’est parti, je suis bon pour le RSA. (more…)

In memoriam (re)

2 septembre 2008
J'encaisse, j'encaisse,

J'encaisse, j'encaisse, mais faites gaffe: les salariés de “Charlie” peuvent témoigner que quand je m'énerve, ça moufte plus. Chomsky, si tu me lis, tiens-le toi pour dit!

Je suis effondré.

À peine remis de l’annonce de la création de Siné-National Hebdo, encore éploré suite au décès d’Alain, voici qu’une énième tragédie achève de dévaster ma vie.

Jean-Marc Sylvestre, un ami intime de mon Oncle Bernard qui, du coup, est aussi un peu mon oncle, enfin mon ami, enfin j’me comprends, quitte le noble vaisseau radiophonique – France Inter – où je subjugue, chaque vendredi matin, des millions de paires d’oreilles par mes chroniques visionnaires.

Dans le même temps, Rudolf Mermet reste, lui, le venimeux obersturmführer de la Kommandantur talibano-stalinienne de “Là-bas si j’y suis”. J’en patauge dans la déconfiture, d’autant que ce castro-chaviste aux amitiés négationnistes, sans aucun respect pour mes récentes blessures de guerre, non encore cicatrisées, balance sur cette poudrière de douleur un plein tonneau d’alcool de banane vénézuélienne.

Comme dirait Silvio: Mamma mia!

Qu’est-ce que j’ai fait au Ciel pour devenir le principal bouc émissaire du pays, comme hier la tête de Turc de mes camarades de classe à chaque nouvelle rentrée?

Je tiendrai bon quoi qu’il arrive. L’adversité a le même effet sur moi que le stress ou la colère sur le paisible Dr Bruce Banner: lui se métamorphose alors en Incroyable Hulk, et moi en Super-Résistant de la 25e heure.

Non, Laurence, reprends-toi… sèche tes larmes, je t’en supplie. Si Jean-Marc n’est plus sur le service public, saches que son âme lui survit, dont la doulce effluve thatcherienne imprègne désormais chaque humble chevalier-chroniqueur de la Maison Ronde.

Oui, Laurence, tu peux compter sur moi pour reprendre le flambeau. Fredonne avec moi, dans la nuit noire et glacée du trotskisme, qui est descendue sur le pays pour un long hiver totalitaire, ces paroles d’espoir tirées de l’hymne du Medef… NOTRE hymne, Laurence:

Ami si tu tombes
Un ami sort de l’ombre
À ta place…