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Rentrée des classes

6 septembre 2008
Légende

La porte-parole de l'Otan, Jamie Shea, était une blonde envoutante et sensuelle, aux courbes généreuses, et il est illusoire d'imaginer que mes confrères éditorialistes et moi-même aurions pu résister à son charme vénéneux lors des points presse consacrés aux frappes chirurgicales – qu'elle ponctuait systématiquement, ce qui nous faisait tous défaillir, par un refrain mutin: “Paah-deeedle-eedeedle-eedeedle-eedum, Poo pooo peee dooo!”

Sortez vos trousses et vos cahiers, les vacances sont finies. Il est temps de reprendre là où nous l’avions laissé notre cours d’histoire de la Valophobie.

L’année dernière, nous avions étudié ma révolution des Œillets à La Grosse Bertha, laquelle a coïncidé avec le Premier Schisme de l’Internationale satirique. Puis nous avons abordé mon célèbre Appel du 18 juin 1992, sommant les Républicains authentiques de rallier l’étendard de Charlie Hebdo. Je vous ai également relaté le terrible été 1996, qui m’a vu vaciller un moment sur mon trône lorsqu’on a cherché à m’impliquer dans l’affaire Dutroux.

Tel un boxeur groggy mais opiniâtre, j’ai trouvé la force de me relever, avant de gagner par KO mon combat acharné contre la rumeur. Impressionnés par ma musculature éditoriale, mes détracteurs se sont ensuite faits discrets pendant quelques années. À la veille du nouveau millénaire, je pouvais me dire, chaque soir, devant l’âtre crépitant, en caressant Baruch, mon chat Angora, que j’avais atteint mon but: qualifié de “meilleur éditorialiste de France”, catégorie poids coq, par les Inrocks, régulièrement consulté pour avis par Dominique Voynet, la Condoleezza Rice de l’écologie politique à la française, nourri au sein du crooner radiophonique Jean-Luc Hees, sur France Inter, je n’étais plus très loin de l’Olympe.

En ce temps-là – qui me semble à présent si lointain –, des articles élogieux carillonnaient mon génie dans toutes les chapelles de la gauche. Lisez, par exemple, ce qu’écrivait à mon propos, il y a neuf ans, un ex-dirigeant d’Attac dans Le Monde diplomatique:

Fin de siècle en solde
PHILIPPE VAL
Écrites d’abord pour être dites, les quelque soixante-dix chroniques de Philippe Val sur France-Inter, rassemblées dans cette Fin de siècle en solde, se prêtent aussi à merveille à la lecture. C’est que le directeur de Charlie Hebdo parle à ses auditeurs comme il écrit pour ses lecteurs. Avec cette capacité d’indignation, mais aussi d’argumentation implacable et de foi dans la vie, dans tous les êtres vivants  et pas seulement les humains  qui compose son inimitable « petite musique ». On connaît ses cibles privilégiées: le FN, les chasseurs, les journalistes de marché, le show-biz abêtissant, les intégristes, les nucléocrates, le football, etc., auxquelles il oppose la raison, la bonté, la liberté, l’égalité, la solidarité avec les faibles. Un livre en forme de liberté jubilatoire.
Bernard Cassen

* Le Cherche Midi Éditeur, Paris, 1999, 210 pages, 89 F.

Article paru en août 1999
© Le Monde diplomatique, 1999, via presselibre.net.

Vous en voulez plus, insatiables petites fouines que vous êtes! Les vacances ont aiguisé votre soif d’apprendre… Alors étudions un autre texte: Beausir, au lieu d’agiter votre engin sous le nez d’Angot, distribuez plutôt les polycopiés.

Alors, ça vous fait tout drôle, hein? L’Humanité, s’il vous plaît! Oui, L’Huma baba devant Bibi – et ses talents d’éditorialiste à guitare :

Chanson
Les moulins à vent de Philippe Val

Dans “Hôtel de l’Univers”, son nouveau spectacle à l’Européen, le rédacteur en chef de “Charlie Hebdo“ se prend pour Don Quichotte.

C’est dans la critique que Philippe Val trouve « la plénitude de l’être ». Cet art, il est mille et une manières de le pratiquer. Opter pour la tendance méga-râleur/coup-de-gueule; ou concevoir la chose au sens plus philosophique du terme, la critique comme un acte subversif. Philippe Val joue sur les deux tableaux, exercice pour le moins périlleux. Il s’en tire plutôt bien, à cause d’un je ne sais quoi d’élégant et de nonchalant qui provient peut-être de son enfance… bourgeoise, qu’il rejette en bloc mais qui, évidemment, lui colle à la peau. Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes!

Critiquer c’est aussi résister. En ces temps de morne flagornerie, où le “politiquement correct” est carrément devenu un exercice de style et de pensée, résister c’est aussi aller et/ou ramer à contre-courant de tout ce qui – d’office – vous est présenté comme vérité d’évidence. Résister pour douter, ne pas se fier aux idées toutes faites, même présentées sous un emballage affriolant, avec couleurs fluo et tout le toutim. Attention! Que la langue d’ébène ne remplace la langue de bois.

Philippe Val, donc. Rédac’ chef de Charlie-Hebdo, chroniqueur à France-Inter, chanteur… C’est du trois-en-un sur un plateau, avec ce personnage picaresque au code d’honneur impeccable, artiste doué qui n’a de cesse de se lancer dans des croisades qui revêtent quelquefois des allures quichotesques.

Val a l’obsession tenace. Les chasseurs, les paysans, les aficionados, les ménagères de moins de cinquante ans qui se shootent au TF1 et à l’inspecteur Derrick, les sportifs, le Paris-Dakar forment un tout bien ficelé de ce qu’il abhorre. Et qu’il jette en pâture à son public, tout acquis à sa cause. C’est certain: on trouve toujours plus con que soi et quand bien même, le dénigrement systématique des pauvres gens – des anonymes selon l’expression consacrée de novembre-décembre 1995 – confine au mépris facile, plus qu’à la critique de la société française.

Pourtant, Philippe Val n’est jamais aussi bon que lorsqu’il traque la connerie et le mensonge en politique. Son spectacle oscille entre le couplet de chansonnier et la ballade du “protest-singer”. “Résister rend joyeux”, suggère-t-il dans un sourire contagieux tandis que ses doigts glissent sur le clavier de son piano. Pour un homme qui bouffe du curé, ses coups de sang n’en revêtent pas moins, par moment, de faux airs de prêche. On lui pardonne bien volontiers. Tiens, on l’absout même, à cause de quelques perles de son répertoire, telle sa chanson Paris-Vincennes, clin d’œil appuyé au “camping sauvage” des sans-papiers qui avaient eu l’outrecuidance de s’installer sur le parvis du château de Vincennes. On ne mégote pas non plus sur sa parodie, excellente, de Mon HLM de Renaud devenue, sous sa plume affûtée, Mon HLM de Paris.

Et quand il se lance dans la chanson bucolique, il oublie un tant soit peu sa colère latente pour divaguer le long des bords de Marne. La mélodie soudain s’adoucit, s’habille de velours. Un zeste de tendresse? Parfois, on oublierait que pour passer son temps à traquer la bête qui sommeille en chacun de nous, il faut avoir une sacrée dose d’amour pour le genre humain. Même si Philippe Val s’en défend, c’est bien son cas.
ZOÉ LIN

Jusqu’au 28 mars à l’Européen, du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 17h30. 3, rue Biot, Paris 17e. Rés: 01 43 87 97 13.

Article paru le 19 mars 1999
© L’Humanité, 1999, via presselibre.net

Pourtant, dans le lointain les nuages s’amoncèlent. La guerre couve dans les Balkans, et dans la grande famille des éditorialistes, c’est l’ordre de mobilisation générale. Je suis impressionné, bien sûr: c’est la première fois que je dois partir à la guerre. J’ai tout juste le temps d’aller embrasser mes parents au village. Quand je les quitte, ma mère a du mal à dissimuler ses larmes: la pauvre ignore si elle reverra un jour son petit Philou vivant.

À Saint-Germains-des-Prés et dans les quartiers alentour, c’est l’effervescence. Rue des Saint-Pères, un cortège ininterrompu de Jeep militaires donne à voir, devant l’hôtel particulier de Bernard, une martiale chorégraphie. Je suis affecté au quartier général du haut commandement allié, qui a réquisitionné la brasserie Lipp. Là, j’aurai en charge les opérations de guerre psychologique à l’intention des lecteurs et auditeurs de gauche.

C’est à cette période que les choses ont commencé à déraper pour de bon. Qu’est-ce qui s’est passé au juste? Je crois qu’au fond nous n’étions pas fait pour une relation durable, la gauche et moi. En politique je suis plutôt du genre fidèle, mais elle avait tellement changé en quelques années. Ce n’était plus la gauche que j’avais connue, que j’avais aimée, celle que j’avais fécondée tant de fois par le passé avec mes éditos et chroniques.

Quant à moi, je n’avais fait qu’accomplir mon devoir de citoyen et d’éditorialiste. Philippe Val n’est pas et ne sera jamais un déserteur. Quand les droits de l’homme qui siège à la Maison-Blanche sont en danger, quand il s’agit de chasser l’ennemi de ses positions à coups d’obus éditoriaux, de l’Afghanistan au Darfour, je réponds présent.

Lâchement, profitant de mon départ pour le front, les pacifistes et exemptés de tout poil, tapis bien au chaud à l’arrière, ont alors commencé à entailler ma légende avec l’Opinel de la calomnie…

Mais j’entends que la cloche vient de sonner. Nous aborderons donc ma guerre du Kosovo au prochain cours.

Beausir!…
…votre braguette, s’il vous plaît!

La branche hip-hop d’Al Qaida

5 septembre 2008
Légende

Au-delà du périphérique, les enfants-soldats issus de l'immigration font régner la terreur antisémite. Il serait temps que les Munichois qui nous gouvernent en tirent les conséquences gynécologiques.

Lectrice, lecteur, cramponne-toi à ton fauteuil Louis XV.

Cette fois-ci, c’est plus pour de rire.

Ils sont là, à nos portes, dissimulés derrière le périph’. Que dis-je! Ils ont déjà forcé l’entrée et s’insinuent dans Paris comme des trous dans du gruyère.

Comment ça, Qui?, charmante Elvire! Mais les loups, pardi! Les mangeurs d’enfants d’Al Qaida.

Poseurs de bombes, tueurs de juifs, spoliateurs d’actionnaires, tous armés jusqu’aux dents, gorgés de haine anticapitaliste, gesticulant de manière inquiétante et éructant leurs “Zyva” sur le sentier de la guerre des civilisations…

Comment ça, Accouche!, charmante Elvire?  Je parle bien sûr des rappeurs, cette vermine à peine française qui ne connaît de Voltaire que la station de métro éponyme et qui, au lieu d’aller bosser chez MacDo comme tout honnête citoyen, rêve d’un nouvel Holocauste en s’adonnant aux tournantes.

C’est un repenti – donc un gars crédible – qui dévoile le pot-aux-roses. Un brave garçon, certes un peu obsédé par la sodomie – il est vrai qu’il a eu une enfance difficile dans le neuf-trois –, mais qui, à force de persévérance, a réussi à se libérer de la camisole paramilitaire qui enserre les HLM franciliennes, ces zones de non-droit où l’on a déjà programmé l’extermination des “Gaulois” et des “feujs” – comme ils disent à Ouarzazate-sur-Seine –, pour rejoindre le maternel giron rachidadatiste.

Cet ex-chanteur de variétés, autrefois proche des poseurs de bombes islamiques de Sarcelles, fait honneur à la méritocratie à la française puisque, après avoir repris des études de médecine, il est aujourd’hui un spécialiste mondialement reconnu de l’appareil génital féminin.

Je veux bien sûr parler de Doc Gynécologue.

Dans une interview initialement parue dans le journal progressiste Israël Magazine, interview qui marquera au fer rouge l’histoire de la lutte contre l’obscurantisme, ce lanceur d’alerte préconise, en substance, que les forces spéciales soient déployées dans les quartiers populaires, de Marseille à Lille, afin de repousser l’invasion hip-hopo-benladiste et son cortège de pogroms.

Cet entretien est d’autant plus passionnant qu’il est conduit avec brio par un journaliste dont la subtilité des questions – aussi ouvertes que le sommet annuel du groupe de Bilderberg l’est aux altermondialistes –, la culture – vaste comme un territoire occupé – et la pondération – digne des artilleurs de Tsahal – m’incitent à lui proposer de tenir une chronique régulière dans Charlie. Comme titre, j’ai pensé à “Autodéfense civile”.

Doc Gynécologue est par ailleurs secondé dans ses réponses par son ex, un écrivain germanopratin – donc talentueux – qui a laissé sur la littérature contemporaine une trace au moins aussi profonde que celle de mes éditos de France Inter sur l’histoire des idées, j’ai nommé l’incontournable Christine “te-trompe-pas-de-trou” Angot.

Un seul extrait suffira, je l’espère, à vous édifier:

David Reinharc : Vous préconisez la violence comme moyen légitime pour les Juifs de répondre à l’hostilité?


Doc Gynéco[logue] : Pour avoir pratiqué ces gens-là, je peux vous dire qu’ils sont en guerre.


David Reinharc : C’est qui, “ces gens-là”?

Doc Gynéco[logue] : Ceux qui ont besoin de tuer du Juif. Pour ceux-là, c’est la guerre à l’intérieur de nos frontières. Regardez Ilan [Halimi, note du philosophe]: tout le monde savait. Des filles, des garçons: on va loin, là. Tous complices: des trentaines de personnes étaient là, personne n’a bronché. Les Juifs doivent savoir se défendre comme ils l’ont toujours fait: c’est la guerre, vous savez. A un moment donné, il faut se battre: il ne faut pas avoir peur de se montrer violent. J’ai connu des Juifs réputés parce qu’ils se sont défendus chaque fois. Tout le temps. Ils sont respectés.

Christine Angot : Si vous regardez Le Chagrin et la pitié, on est encore dans la même France.

Je ne vous en cite pas plus, je dois filer chez l’armurier m’acheter un flash-ball. N’oubliez pas que je réside à Joinville-le-Pont, dans une zone à risque, et que la femme de ménage de Charlie est antillaise, donc potentiellement dieudonniste.

PS: ma collègue Caroline me glisse que pour sa part, elle a déjà dénoncé la nazification galopante des descendants d’immigrés dans une de ces chroniques qui font la fierté de Culture France et contribuent à marginaliser le FN en lui retirant le pain de la bouche.