Posts Tagged ‘censure’

(1) Une lettre de Pierre Carles

10 septembre 2008

À Philippe Val,
 Rédacteur en chef de “Charlie Hebdo”
Nîmes, le 16 février 2000

Cher Philippe,

Je me demandais si tu allais me faire signe pour m’expliquer ce qui avait motivé la suppression d’une partie de mes propos dans l’interview publiée dans Charlie Hebdo du 3 février dernier… Mais ne voyant rien venir, au bout de trois semaines, je me décide à t’écrire. J’aimerais en effet que tu me dises pourquoi une phrase a disparu de l’entretien avec les membres du groupe Zebda, retranscrit par Olivier Cyran qui – à ma demande – me l’avait faxé avant publication. De même, pourquoi as-tu fait retirer mon nom du titre en page 10 du journal, ce qui aboutit du coup à un contresens?

légende

Pierre Carles, le Leni Riefenstahl de la propagande valophobe, a été surnommé par Sigmund Freud, du fait de ses mauvaises fréquentations, “l'homme aux rats”.

Les lecteurs de Charlie Hebdo ont dû être un peu surpris de lire dans leur journal: “Zebda: Y a pas d’arrangement avec la télé”, alors que les membres du groupe toulousain disaient à peu près le contraire dans l’entretien. Lorsque j’ai rencontré Joël, Magyd, Mouss et Tayeb, le 21 janvier dernier, pour discuter de leurs passages à la télévision et débattre avec eux de l’intérêt de se rendre ou pas dans des émissions de télévision (comme celle, par exemple, de Michel Field sur France 3), ils estimaient qu’il fallait parfois accepter de collaborer avec le petit écran pour avoir une chance de se faire entendre. Je défendais une position nettement moins conciliatrice. Je n’ai donc pas bien compris comment notre entretien initialement titré “Pierre Carles / Zebda: Y a pas d’arrangement avec la télé” (ce qui résumait à la fois ma position et constituait un clin d’œil à Zebda en référence à leur chanson Y a pas d’arrangement) s’était subitement retrouvé amputé de mon nom. Ce dernier absent, le titre de l’article se transformait en simple jeu de mots et dénaturait même le sens de l’interview. Était-ce l’effet recherché?

Cette disparition prend peut-être son sens quand on sait qu’une partie de mes propos non-publiés avait trait à Charlie Hebdo et à l’évolution de sa ligne rédactionnelle de ces derniers mois (soutien de son rédacteur en chef à l’opération de l’OTAN lors de la guerre au Kosovo, appel à voter pour le candidat écolo-libéral Daniel Cohn-Bendit au moment des élections européennes).

Dans le passage qui suit, les premières phrases ont été publiées par Charlie: “Un jour, il y avait Denis Robert chez Delarue. Denis Robert, c’est ce type qui a fait un bouquin pour expliquer pourquoi les affaires ne sortent pas. Ça m’a énervé que Robert vienne parler de corruption et ne dise rien sur Delarue, qui se fait plein de fric grâce à sa maison de production. Il le dédouanait. C’est la même chose avec Field, qui a lui aussi sa boîte privée. Ces types-là se servent de vous pour entretenir leur image. Ils font illusion.” Mais, dans l’entretien, j’ajoutais: “Tout comme Charlie Hebdo, toutes proportions gardées, fait illusion grâce à des gens comme Charb ou Siné.” Et un des membres de Zebda me répliquait: “Je ne vois pas ça comme ça. Je ne crois pas que Charlie ait besoin d’alibi.” Ces dernières phrases ont disparu du texte de l’interview.

Je me souviens d’un temps pas si éloigné où tu dénonçais la censure dont tu avais été victime à la télévision en raison de propos concernant la firme Vivendi. Je sais aussi, d’expérience, qu’on peut toujours invoquer des “raisons techniques” (pas assez de place, d’espace) pour dissimuler des choix qui sont d’ordre politique. Je serais très sincèrement désolé que tu t’inspires à ton tour de telles pratiques.

Bien à toi,
Pierre Carles

Via presselibre.net

Nous sommes tous des Sherry Jones !

13 août 2008
La censure iranienne à l'assaut des Éditions Random House.

La censure iranienne s'apprêtant à égorger les Éditions Random House.

Ce matin, Caroline a pénétré en trombe dans mon bureau, sans même frapper, rouge comme un piment, alors que je rédigeais l’hommage à Alex (Soljenitsyne) que m’a commandé la World Anti-Communist League.

— Philippe, c’est terrifiant! Mahmoud Amhadinejad a infiltré l’une des plus prestigieuses maisons d’édition américaines! La nouvelle Taslima Nasreen s’appelle Sherry Jones, elle est américaine, et son livre a été autocensuré par l’éditeur Random House sur l’injonction de Téhéran !

Parcouru de frissons à l’énoncé de cette nouvelle reculade de la civilisation occidentale face à la barbarie persane, j’ai nettoyé mes lunettes, embuées par la colère, et demandé à ma secrétaire de me resservir un Nesquik. Pendant que je reprenais mes esprits en sirotant mon breuvage, Caroline a poursuivi :

— Vois ! Tous les détails de cette nouvelle affaire Dreyfus figurent sur le bloggue de Pierre Assouline.

J’étais un peu méfiant, vous l’imaginez. Un héritier des Lumières tel que moi n’a pas pour habitude de se fier aux étrons flottant dans les tuyaux de l’Internet, cette Kommandantur libérale livrée aux pauvres et aux skinheads. Mais Caroline, qui est une spécialiste reconnue de l’antiterrorisme cybernétique, m’a rassuré.

— Y a bloggue et bloggue, Philippe. Les bloggues des gens connus qui vendent plein de livres, enseignent à Sciences Po et passent à la télé – comme Assouline et moi – sont des sources d’information tout à fait crédibles, contrairement aux bloggues insanes des anonymes venimeux qui rendent la mondialisation et les États-Unis responsables de leurs fins de mois difficiles.

C’est vrai que Caroline a un bloggue super intéressant, avec des extraits de toutes les émissions de télé où elle est passée cette année – y en a tellement qu’on se croirait aux archives de l’INA! Et puis dans les bloggues de qualité, y a aussi celui de Christophe Barbier ou de Jean-Michel Aphatie, ce qui prouve que si l’Internet était réservé aux éditorialistes responsables, on n’en serait pas là.

Mais revenons à nos moutons égorgés. Donc, un écrivain courageux, Sherry Jones, rédige un ouvrage lucide sur la troisième épouse du prophète : Aïcha. On savait déjà, grâce aux caricatures danoises publiées par Charlie, que Mahomet était l’inventeur des attentats-suicides, eh bien, ce n’était que du pipi de chameau de La Mecque à côté du pot aux roses que Sherry Jones vient cette fois nous révéler : figurez-vous que la figure sainte de l’islam a aussi inventé la pédophilie. Qu’on en juge: lorsque Mahomet a consommé son mariage avec Aïcha, celle-ci n’avait que 9 ans!

Même Caroline, qui est pourtant une spécialiste incontestée de l’islam radical depuis le 12 septembre 2001, l’ignorait, c’est vous dire si les Arabes ont pris soin de dissimuler cet ignoble secret de famille qui en dit long sur leurs mœurs dépravées. Ce n’est pas chez nous qu’on verrait ça! À titre de comparaison, quand on fiança Louis XV, à l’âge de 9 ans, à Marie-Anne-Victoire d’Espagne, on prit grand soin de respecter une différence d’âge raisonnable entre les futurs époux: la jeune femme, en effet, avait 3 ans bien sonnés.

Mais revenons à nos turbans. Le livre de Sherry devait sortir cet automne chez Random House (“la maison des lâches”, en anglais). Mais voici qu’à l’heure de préparer sa promotion, au lieu de demander une recension dithyrambique à des spécialistes de la barbarie islamique tels que mes camarades Bernard, Alexei ou Caroline, l’auteur se met en tête de solliciter une universitaire hystérique et hallalo-ramadaniste: la dénommée Denise Spellberg, “professeur d’histoire de l’Islam à l’université du Texas à Austin”, comme nous l’apprend Pierre Assouline.

Soucieuse de ménager la susceptibilité de ses amis d’Al Qaida, la Spellberg se met alors à dénigrer ce livre, que j’imagine érudit et superbement écrit, avec une violence verbale que n’eût pas reniée Pol Pot, le qualifiant de “pornographie soft”. Pire encore, répercutant le diktat du Führer de Téhéran, cette Castafiore en burqa annonce à qui veut l’entendre que si ce livre devait sortir en librairies aux États-Unis, les obscènes légions mahométanes se mettraient en route vers nos contrées civilisées pour y autodafer nos bibliothèques et y contraindre nos enfants à la virginité en vue de les épouser de force.

C’est alors que, sur la seule foi des prédictions de cette Nostradamus jihadophile, Random House décide d’annuler la parution du livre de Sherry Jones, prétextant craindre des mesures de rétorsion à l’encontre de ses employés et de toute personne contribuant à la diffusion de l’ouvrage. Un acte de censure ignoble, et la preuve ultime que la charia, après s’être imposée en France comme nouveau code civil, a enterré la sublime Constitution des États-Unis d’Amérique.

Pendant ce temps, confirmant leur perversité congénitale, les musulmans – qui ont pourtant, selon toute vraisemblance, dicté à la Spellberg son anathème par le biais du téléphone arabe – se taisent et n’émettent aucune critique contre le livre. Une attitude hypocrite qui ne trompe personne sur leurs véritables intentions, si ce n’est les islamo-gauchistes de la LCR, toujours prompts à s’aveugler sur le fascisme vert.

La morale de cette histoire, c’est qu’un éditeur qui bâillonne l’un de ses auteurs par crainte de mesures de rétorsion purement virtuelles, alors que le texte censuré ne casse pas trois pattes à un canard, n’est plus digne d’exercer sa profession. Ce n’est pas à Charlie que l’on s’abaisserait de la sorte, vous pouvez m’en croire! Comme le dit Caroline, sans se départir de son humour dévastateur malgré les plaques d’urticaire qui lui dévorent le visage dès que l’islam gagne un pouce de terrain, le Munichois qui préside aux destinées de Random House ferait mieux d’aller vendre des kebabs à Damas !

Toujours réactive lorsqu’il s’agit de défendre les valeurs universelles de l’Occident chrétien, Caro vient d’ailleurs d’entamer l’écriture de son prochain best-seller, qui sera consacré à cette affaire – et qui dévoilera en passant, à partir d’archives inédites du Pentagone, le rôle de premier plan des Iraniens dans la Sainte Inquisition.

Elle a déjà trouvé son titre : Frère Random.