Posts Tagged ‘bhl’

Où je me fais hara-kiri

27 mars 2011

“Un volcan s’éteint, un être s’éveille”, écrivait Pascal dans ses Pensées (à moins que ce ne fût Spinoza dans Voyage au bout de l’ennui). Ce n’est pas sans émotion que je relis aujourd’hui cet aphorisme. Chers lecteurs du Blog de Philippe V., éditorialiste martyr, vous qui m’avez soutenu sans coup férir depuis le complot chavezo-kadhafiste de “l’affaire Siné”, j’ai une bien triste nouvelle à vous transmettre. Après un état de mort clinique de 18 mois, ce blog va subir une interruption volontaire de grotesque. (more…)

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France Inter tripotée, mais France Inter libérée

2 septembre 2009
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– Y a-t-il des questions ?…

– Bon, les enfants, installez-vous vite… Je ne vais pas pouvoir rester longtemps parmi vous, j’ai un TGV qui m’emmène en RTT dans un peu moins de deux heures… Il manque des sièges? Le Gouguec, Pommier, mettez-vous à quatre pattes pour que vos collègues puissent s’asseoir.

Alors les amis, vous le savez, si je vous ai convoqués aujourd’hui c’est pour vous dire deux mots à propos de la Révolution nationale radiophonique que j’ai tricotée depuis que Carla m’a filé les clés de cette turne, je veux dire depuis que Jean-Luc Hees m’a fait la surprise de me nommer dictateur de Fr… enfin plutôt directeur de France Inter, enfin j’me comprends.

Déjà, une bonne nouvelle: il y en a plein parmi vous qui vont enfin avoir le temps de ranger leur bureau et de répondre à leur e-mails en retard. Parce que je ne vous cacherai pas qu’entre les plans sociaux qui s’annoncent et l’effondrement prévisible des cours de l’audience consécutif à ma nomination, les temps qui viennent risquent d’être difficiles. Surtout pour vous… (more…)

Satiricon

25 février 2009

Ô rage ! ô désespoir ! ô maudit TGI !
N’ai-je donc tant déçu que pour cette infamie ?
Et me suis-je compromis en éditos guerriers
Pour voir un jour Thémis me mettre une branlée ?
Puddings qu’avec respect tout Saint-Germain admire,
Chroniques qui tant de fois ont sauvé cet empire,
Éditos dévoués au fils de leur roi,
Loués par la Licra, vous-ont ils lu, ma foi ?
Ô cruels magistrats, juges fanatisés!
Qui, de votre charia, en un jour extirpez
Les mots de BHL du profond de nos cœurs !
Précipice lyonnais d’où tombe votre honneur !
Voulez-vous que j’attise le courroux de Cabu ?
Que j’envoie Wolinski me venger à mains nues ?
Si ça ne suffit pas, j’ai mon arme secrète ;
Sœur Caroline est là, avec son arbalète.
Fléchette dans Le Monde, fléchette sur France Cul’
Et ces enjuponnés iront se faire dessus.
Et vous, de mes exploits glorieux instruments,
D’une plume acérée précieux ornements,
Éditos qu’on croirait de la main de Voltaire
Vous pulvériserez ces attendus pervers.
Et des antisémites dans la magistrature
La liste nous irons porter en préfecture.

Oui, nous pouvons pouvoir (en pouvant)

19 janvier 2009
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Pour aider Baruch Obama à fortifier la démocratie antiterroriste américaine, j'ai décidé, à titre exceptionnel, d'abonner la Maison Blanche à “Charlie Hebdo”.

Ma déportation hospitalière m’a tenu éloigné de vous à un moment où vous aviez particulièrement besoin de mes lumières. À la cantine de Sainte-Anne, ce fameux 4 novembre 2008, je vous imaginais perdus, cherchant à tâtons, dans la nuit sans lune de la géopolitique complexe du XXIe siècle agonisant, le faisceau rassurant de la lampe à pétrole qui me tient lieu d’intellect.

Des événements comme celui-là, sans un Philippe V. pour en analyser la portée, c’est du gâchis, je suis bien d’accord avec vous. Je m’étonne d’ailleurs que les Américains, qui sont pourtant le peuple le plus évolué de la terre, n’aient pas décidé à l’unanimité de reporter cette élection de quelques semaines en attendant ma levée d’écrou.

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Levée d’écrou

14 janvier 2009
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En déportation, comme autrefois en pensionnat, j'ai servi de bouc émissaire. Jack, de la chambre d'à coté, n'arrêtait pas de me poursuivre avec une hache en plastique en hurlant: "Wendy!" On s'entendait bien malgré tout car nous sommes tous deux écrivains. Lui écrit des livres avec une seule phrase; et moi j'ai pondu tous mes puddings à partir d'une seule idée – courte.

Le complice du Dr Petiot (je crois qu’il se nomme Mengele ou quelque chose comme ça) a fini par se rendre à l’évidence: sans moi, la France n’est plus tout à fait la France. Alors il a signé mon autorisation de sortie, non sans en référer préalablement au préfet de police de Paris (je crois qu’il se nomme Papon ou quelque chose comme ça), qui avait demandé mon internement (ma déportation, devrais-je dire) il y a deux mois et demi.

Et me voilà, errant sur le trottoir de la rue Cabanis, tel un hamster abandonné sur une aire d’autoroute au début du mois d’août, avec pour seuls bagages mes livres fétiches: Ennemis publics, de Laurel et Hardy, et “L’Éthique” pour les Nuls, de Michel Onfray. Me faire ça à moi! Je ne sais pas si c’est la proximité de la prison de la Santé ou quoi, mais je me sens un peu comme un islamiste du Hamas rendu à la liberté par le régime socialo-communiste de Nicolas Sarkozy (jamais avare de son laxisme envers les ennemis de la laïcité) après douze années de préventive.

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L’ennemi public numéro 3

8 octobre 2008
    Bienvenue à la Mamounia/ Darla-Dirladada/ Y a les Adler et les Strauss-Kahn/ Daarla-Dirladada/ On va s'en fourrer jusque-là/ Darla-Dirlada…

Viens nous voir à la Mamounia/ Darla dirladada/ Y a les Adler, y a Rachida/ Darla dirladada/ On va s'en fourrer jusque-là/ Darla dirladada/ Les talibans on les pendra/ Darla dirladada/ Tous les soirs on fera la java/ Darla dirladada/ Vos impôts on les paiera pas/ Darla dirladada/ Nos parachutes on s'les dorera/ Darla dirladada…

En matière de puddings, j’ai trouvé plus fort que moi. Mais non, voyons! Pas pour les manger: tout le monde sait qu’Alexei règne sur la discipline depuis plus de vingt ans, tel un Lance Armstrong qui assommerait chaque année le Tour de France sans jamais prendre sa retraite. Je parle, bien sûr, de les cuisiner.

Vraiment fortiche en pâtisserie littéraire, le Bernard! Heureusement que c’est un ami, sinon j’en concevrais un soupçon de jalousie à son égard. Faire un best-seller en librairies à partir de ses propres e-mails, même moi qui m’y connais en recyclage des ordures ménagères, je n’aurais jamais osé.

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Réseau Turbigo

7 octobre 2008
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Les mercenaires fanatisés – ne vous fiez pas à leur visage poupin – des sections d'assaut du Nouveau parti anticapitaliste ont pour la plupart été recrutés par Olivier Besancenot en personne lors de ses voyages répétés au Proche-Orient. Leur devise, à elle seule, glace le sang: “Éditorialiste, tu es sur ma liste!”

Avec mes amis néo-cons’, on a décidé d’entrer en clandestinité, histoire d’échapper aux rafles le jour où Benito Besancenot exécutera son coup d’État social-fasciste.

M’inspirant des nombreux documentaires que je visionne en boucle depuis quarante ans et qui ont forgé mon expertise sur la Résistance comme sur la Solution finale (je pense bien sûr à La Grande Vadrouille, à La Vache et le prisonnier ou encore au Jour le plus long), j’ai eu une idée étincelante – que n’eût certainement pas reniée Jean Moulin – pour protéger nos véritables identités, et ainsi éviter que notre réseau nouveau-né soit démantelé en cas de pépin.

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Philip Val, agent fédéral satirique (1)

23 septembre 2008
légende

Je n'ai que 24 heures pour faire rendre gorge à Saddam Halimi. Ce prédicateur halluciné de la critique fondamentaliste des médias menace de parachuter sur Los Angeles des pâtisseries orientales renfermant les versets sataniques de Pierre Bourdieu…

Mon nom est Philip Val et je suis agent fédéral satirique.

Un déluge d’emmerdes s’est abattu sur le Pays des hommes intègres.

Un terroriste octogénaire a pris possession des studios de CNN et menace de diffuser à la planète entière une apologie télévisuelle du conspirationnisme. Des talibans exercent un chantage au couscous sur la gastronomie américaine. Mon fils adoptif, Bernard-Henri-Lévy Val, fait l’objet d’une fatwa anonyme puis disparaît mystérieusement. Et au sein de ma propre unité, le commando Turbigo, des traîtres non identifiés semblent avoir partie liée avec l’ennemi.

Pour espérer sauver l’Occident, je dois passer 24 heures sans dormir, ni boire de café, ni aller faire caca.

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“Charlie Hebdo” se fait hara-kiri

10 septembre 2008

(© Pierre Carles, via Le Plan B)

J’ai fait un rêve médiéval (3)

4 septembre 2008
“Je veux bien vous prêter mon exemplaire d'Oriana Falacci, Frère Philippe, mais n'oubliez pas de me le rendre avant de quitter l'abbaye, m'a glissé le Vénérable Alain (ci-dessus). Dans la nuit noire de ma cécité philosophique, c'est un peu ma canne blanche…”

“Je veux bien vous prêter mon exemplaire d'Oriana Falacci, Frère Philippe, mais n'oubliez pas de me le rendre, m'a glissé le Vénérable Alain (ci-dessus). Dans la nuit noire de ma cécité philosophique, c'est un peu ma canne blanche…”

Relevant nos robes, nous fonçâmes, à travers la cour de l’abbaye, vers le local où gisait le corps, poilu mais sans vie, de Petit Frère Zemmour. Son cadavre, atrocement mutilé, avait été pendu par les pieds au-dessus d’une cuve de vernis à ongle dans laquelle trempait sa tête de linotte. Face à ce triste spectacle, l’abbé de Hollande soupira:

– C’est certainement l’œuvre du Malin. Quel chrétien aurait pu décemment faire subir ces outrages à Petit Frère Zemmour, cet apôtre de la tolérance qu’on aurait cru tout droit sorti de la Cène? Toute sa vie, il l’a passée à alerter ses contemporains des dangers d’une illusoire modernité et des vices tapis dans les bourrelets obscènes du métissage. Tour à tour pourfendeur des femmes, ces bougresses qui réfléchissent avec leur fondement, des Sarrasins, ces égorgeurs de chrétiens patentés, des invertis, ces créatures habitées par Belzébuth, des gueux, ces inutiles qui réclament plus que le peu qu’ils ont et qui est déjà trop bien pour eux, oui, contempteur lucide de tous les rebuts qui fourmillent en ce bas Moyen Âge et dont les descendants coloniseront un jour l’Internet, Petit Frère Zemmour était le plus digne – et le plus poilu – serviteur du Christ parmi nous!

De mon côté, je récusais intérieurement cette analyse. La Raison me soufflait que Petit Frère Zemmour avait plus probablement décidé de mettre fin à ses jours, même si la méthode qu’il avait choisie témoignait d’une singulière détermination. Soucieux de tordre le cou à la superstition, berceau de tous les intégrismes, je priai Messer l’abbé de m’autoriser à mener l’enquête auprès des moines. Il accepta d’autant plus volontiers ma proposition qu’il craignait que Bernardo Lévi, un nouvel inquisiteur aux sentences particulièrement redoutées, ne soit dépêché depuis Avignon pour défier le serial monk killer satanique qui, à l’en croire, officiait en ces murs.

Chemin faisant, j’allais faire la connaissance de Frère Alexei d’Adlevaragine. Un drôle de moine, celui-là ! Dans sa jeunesse, il avait embrassé avec fougue les théories du prédicateur moustachu Stalinus: et que je te proclame la lutte des classes! et que je te collectivise les moyens de production! et que je te Comecon l’Église d’Orient! et que je te déporte dans les Ardennes les érudits déviationnistes! Et puis, au fur et à mesure que son tour de taille avait pris de l’envergure, sa vision du monde s’était complexifiée, et Frère Alexei était peu à peu devenu l’un des experts en stratégie militaire les plus écoutés de toute la Chrétienté. Le Roi avait même été jusqu’à décorer cet ancien agitateur staliniscain de l’Ordre de la Maison-Blanche.

Frère Alexei était assisté par un moine un peu demeuré, lui aussi ancien staliniscain repenti, Frère Dominique, qui se faisait appeler “le Comte d’Arte” mais que tout le monde appelait Duconte. Il s’exprimait dans un esperanto aléatoire où ce simplet mixait sans les comprendre toutes les âneries entendues sur la place des villages alentour, depuis Foksnyouse jusqu’à Ouachingue Thone-Poste en passant par Lautan ou La Scie-Hayet.

En fin d’après-midi, j’ai pu enfin être présenté au Vénérable Alain (aka Frère Kinkielfraut). Aveugle et sourd, ce moine soldat âgé d’une soixantaine d’années mais qui en paraît quatre-vingt-seize est un peu l’âme, la mémoire et le gardien de l’abbaye. Autodidacte surdoué, il s’est imposé comme l’un des plus brillants entomologistes de toute la Chrétienté, grâce notamment à ses travaux révolutionnaires sur la ligature des trompes chez la Scathophaga stercoraria, tout en posant les bases de la biologie médiévale à travers sa Classification des races humaines, depuis le barbare mahométan jusqu’au gentilhomme éclairé de Noilly-sur-Saône.

Un type un peu inquiétant tout de même, ce Vénérable Alain. La mine lugubre, le teint verdâtre, l’œil halluciné quoique voilé par la cécité, la main fouettant l’air au gré de ses admonestations, il engueule la terre entière à longueur de journées et prédit l’apocalypse dès qu’une poule s’apprête à pondre! Il m’a un peu foutu les jetons en me révélant que les jeunes générations de moines seraient en fait composées de démons venus des enfers pour nous accoutumer aux Rhap (des ménestrels sodomites qui vouent un culte païen à Mercedes, la déesse de la vitesse), infiltrer des sarrasins dans nos équipes de jeu de paume et sacrifier notre chère belle langue au culte maléfique de Hessémesse, la déesse de la mobilité – car, selon lui, le destin de la civilisation est lié a celui de la langue

Mais le pire danger, selon le Vénérable Alain, résiderait dans les livres, dans la mesure où une immense majorité d’entre eux sont écrits par des hérétiques. Aussi préconise-t-il de brûler les ouvrages sacrilèges, afin de permettre aux pauvres de se chauffer cet hiver – preuve magistrale de son grand cœur! –, et de jeter leurs auteurs au bûcher, histoire de faire un exemple – car Alain est également un pédagogue de renom. J’ai énormément appris au cours de cet entretien, qui m’a bien guéri de ma candeur franciscaine.

Bon, je vous passe les détails de mes autres interrogatoires, ainsi que les copulations nocturnes du jeune Cabu avec une sauvageonne des cités, la visite de quelques gras prélats envoyés par le Pape pour trancher une sombre controverse relative à l’ISF, la mort de Frère Ardisson, retrouvé dans les toilettes publiques de l’abbaye avec un énorme godemiché enfoncé dans la gorge – ce qui n’est que justice, au terme d’une vie passée à dévergonder le service public de notre mère l’Église –, les chasses aux sorcières de Bernardo Lévi à travers la région… C’est pas parce que c’est un rêve qu’on va y passer la nuit non plus.

Je vous abandonne donc, le temps d’une page de réclame, avant de vous relater, dans le quatrième et dernier volet de cette superproduction onirique, le dénouement sordide de ce cauchemar qui m’a fait me réveiller en hurlant, le cœur battant, les draps mouillés de sueur et d’urine, comme aux pires heures de ma déportation en pensionnat…

(à suivre)