Archive for the ‘Uncategorized’ Category

C’est dur d’être pleurés par des cons

11 janvier 2015

image— Putain les mecs, on est mal. J’ai retrouvé les codes du blog de Philippe V. pour communiquer avec en bas, mais on est mal.

— Haha! Charb, tu nous charries ou quoi? Maintenant qu’on est morts, comment tu veux qu’on soit mal?

— Tignous, putain, j’déconne pas. T’as vu ce qui se passe à Paris?

— De quoi tu te plains, chef? Tu voulais de nouveaux abonnés pour sauver “Charlie”, tu vas pas chialer! Aujourd’hui toute la France est abonnée à “Charlie”. “Ouest-France”, à côté, c’est une gazette pour numismates. (more…)

Publicités

Pause clope

18 septembre 2008
pause clope

Métro, promo, édito… J'en peux plus, de cette vie de dingue. Allez, je m'accorde une pause clope avant de repartir au front…

Lessivé, le Philippe! Obligé de bricoler un billet de récup’ pour dissimuler son manque d’inspiration. Désolé les enfants, mais aujourd’hui on mange les restes.

Avec toutes ces interviews, ces demandes d’autographes par milliers, ces sollicitations pour tourner à Hollywood, je ressens soudain un gros coup de pompe.

(more…)

Siné, vieux con ! Tous avec Torreton !

8 septembre 2008
À sa table de travail, un Philippe Torreton concentré relit l'interview dans laquelle

Dans son bureau de la mairie de Paris, où il aime à se travestir, comme à l'époque où il était la coqueluche du Théâtre des 2 Ânes, Philippe Torreton, concentré comme jamais, à sa table de travail, pèse chaque mot de sa pétition de soutien à Philippe Val…

Sous le coup d’une légitime colère (voir mon billet précédent), j’allais omettre de vous faire part d’un message de soutien découvert ce week-end et qui m’a fait chaud à la mâchoire.

Philippe Torreton, ci-devant sociétaire de la Comédie française et cadre brillant du PS modernisé (version 5.0), oui, Philippe Torreton a courageusement déclaré, en substance, dans un quotidien belge, qu’il préférait se tromper avec Philippe Val plutôt qu’avoir raison avec Siné.

Venant d’un grand Résistant ségoléno-delanoïste, délégué à la citoyenneté, à la lutte contre les discriminations et aux événements artistiques auprès du maire du 9e arrondissement de Paris, ce vibrant hommage vaut toutes les Légions d’honneur du monde:

‘Je suis tout à fait d’accord avec Philippe Val, le directeur de Charlie Hebdo, qui est loin, comme on a pu le lire, d’être un réac’, martèle le comédien, choqué [par] la phrase de Siné qui, pour rappel, insinuait lourdement que le fils Sarkozy n’allait plus avoir de soucis d’argent puisqu’il va épouser une Juive. ‘Dans L’Express, Plantu a dessiné Philippe Val en habits fascistes en train d’expulser Siné; et comme par hasard, le bras était un salut hitlérien. C’est sidérant de voir qu’il y a des gens qui n’arrivent pas à comprendre. Si Siné est un vieux con, c’est un vieux con. C’est tellement confortable de dire, comme il le revendique et je dis ça entre guillemets, qu’il “chie sur tout le monde”. Ça permet de ne penser à rien. Quand on est pour quelque chose, on prend un risque, on s’expose. Heureusement qu’il y a des gens qui prennent des risques, même s’ils se plantent. » […]

‘Je trouve que l’indignation ne doit pas être sélective. Il faut soutenir Israël, c’est une démocratie. Alors qu’aucun pays musulman n’est une démocratie, il faut le savoir.’ […]”

Philippe, mon homonyme, mon presque frère, il y aura toujours une Tourtel au frais pour toi dans le frigo de Charlie!

In memoriam

2 septembre 2008
faux texte

J'avais fait la connaissance d'Alain en 1943, au sein du réseau Orion, mais depuis nous nous étions perdus de vue.

Alain s’en est allé.

En parcourant sa nécrologie, ce matin, dans mon quotidien préféré, j’ai cru un bref instant qu’il s’agissait de ma propre oraison funèbre.

Jugez-en.

“Grand résistant » – comme moi.

“Polémiste”, “grande plume” – comme qui?

“Éditorialiste passionné” – oui, comme Bibi.

“Homme de convictions” – tout pareil.

“Pourfendeur de la gauche” – décidément!

“Ce républicain avait soutenu la candidature de Rachida Dati dans le VIIe arrondissement de Paris en invoquant […] le ‘génie assimilationniste’ de la France” – j’en pleurerais!

Bref, si j’écarte son euroscepticisme, je découvre, ému, à l’heure de ses funérailles, que j’avais un frère jumeau.

En signe d’admiration, j’ai d’ailleurs informé mon notaire, Me Malka, que je souhaitais avoir comme épitaphe l’une de ses plus belles phrases:

“Je crois à la France comme je crois en Dieu!”

À Dieu, frangin.

Photo: © Francois Perri/REA

Dividendes 2.0

13 août 2008
Le directeur du “Monde”, Éric Fottorino, lance ses hordes de journalistes avinés à l'assaut de “Charlie Hebdo”.

Le directeur du “Monde”, Éric Fottorino, lance ses hordes de journalistes avinés à l'assaut de “Charlie Hebdo”.

Oh, vous, je vous vois venir. Vous avez lu Le Monde, c’est ça ? J’ignore pourquoi ce journal me hait à ce point. Ce n’est pas la première fois qu’il met en doute la gauchitude de mes méthodes managériales et mon total désintéressement.

Si vous voulez mon avis, un vent mauvais d’antisémitisme souffle actuellement sur la France, depuis le bistrot du coin jusqu’à la rédaction en chef du quotidien dit de référence, en passant par les tuyaux anonymes de la Kommandantur libérale (aka le Ouèbe). Parmi mes nouveaux amis de gauche du Figaro, personne n’est dupe de la brune filiation du procédé utilisé: Val est un patron, Val est un actionnaire, Val est riche à millions, Val soutient la droite israélienne, donc Val est juif.

Voilà pourquoi me critiquer relève du plus pur antisémitisme. Et voilà pourquoi la Licra, le Crif, l’UEJF et SOS Racisme me soutiennent, tandis que les ahmadinejo-benladistes du Mrap ont signé la bête-immonde pétition en faveur de Siné Drieu La Rochelle.

Mais revenons sur ce papier dégueulasse, qui appelle au lynchage des riches.

Oui, je suis actionnaire et j’en suis fier. Tordons le cou aux clichés marxistes-léninistes ! Un actionnaire, c’est un peu comme un petit écureuil travailleur qui choisirait d’irriguer l’économie de la forêt plutôt que de dilapider ses glands et ses noisettes en faisant la bamboula jusqu’au petit matin. Relisez La Cigale et la fourmi. Qui c’est qu’a l’air con quand la bise fut venue ? C’est l’actionnaire, peut-être !

Oui, je suis patron de presse et je l’assume, d’où le titre de mon premier blog (“Philippe V., patron de presse”). Oui, malgré quelques pudeurs initiales je prends désormais plaisir à me retrouver, avec mes collègues patrons de tous horizons, à l’université d’été du Medef.

Oui, avec Cabu et Oncle Bernard on s’en met chaque année plein les fouilles et on en redemande! Manquerait plus qu’on investisse nos dividendes pour salarier nos pigistes ou qu’on les distribue à des feignasses communistes comme Tignous. Vous voudriez pas non plus qu’on soutienne des associations militantes, genre RESF, tant qu’on y est! J’ai des chats à nourrir et des traites à payer, moi, sans compter que ça coûte affreusement cher le personnel de maison, avec toutes ces cotisations que les socialo-communistes nous ont imposées quand ils étaient au pouvoir

Oui enfin, avec nos caricatures islamophobiques on a gagné le jackpot. Cinq cent mille exemplaires, qu’on en a vendus, de ces mauvais dessins! Pour une fois que les Arabes ramènent de l’argent et rendent service, on va pas pleurer.

Alors quoi ? Il est où le problème ? Je vais vous le dire, moi. Le problème, c’est que la France est un pays où les riches sont mal vus. Un pays où un taux d’imposition stalinien empêche les entrepreneurs de s’enrichir pour le bien de tous et les contraint à l’exil en Suisse ou en Irlande, les dissuadant d’investir afin de résorber le chômage. Un pays où une extrême gauche archaïque continue de revendiquer des avantages indus pour tous ceux qui vivent en parasites (les cheminots, les sans-papiers, les retraités par répartition, les chômeurs, les Rmistes…) pendant que la gauche qui se dit responsable (la bonne blague !) continue, d’un air dégoûté, de chipoter les bienfaits du libéralisme – sans lequel nous nous éclairerions toujours à la bougie.

Je suis las des sous-entendus selon lesquels je serais devenu un sale réac’. D’abord, comme l’aurait rétorqué Montaigne, c’est icelui qui dit qui y est. Ensuite, je pense que Nicolas Sarkozy est bien plus fidèle à l’idéal de la gauche qu’Olivier Besancenot ou José Bové. Comme le dit avec talent mon pote Renaud, ancien de Libé passé au Parisien puis à Marianne, lui que j’avais autoritairement recruté à Charlie il y a quelques années pour y pondre des chroniques duhaméliennes, la gauche française utilise un logiciel ancien et dépassé. Je m’y connais pas trop en informatique, mais sa métaphore sonne bien – d’ailleurs il la ressort à tout bout de champ.

En conclusion (provisoire), je dirais qu’aujourd’hui c’est l’extrême gauche, arc-boutée sur des privilèges d’un autre âge, qui est devenue de droite. Moi, j’ai “heupgrædé” mon logiciel – comme dit ma femme, qui s’y connaît méchamment en nouvelles technologies. Y a trente ans, je chantais avec mon comparse (dont le nom tarde à me revenir):

On a beau fouiller les quatre horizons,
Rien n’est plus poétique que l’autogestion.

Mais aujourd’hui, quand je reprends cet air à la guitare pour égayer les fins de soirée chez Cabu, j’en modernise habilement les paroles:

On a beau fouiller les quatre horizons,
Rien n’est plus bénéfique que les stock-options.

Le monde change, et les vrais intellectuels se doivent de conserver une souplesse de gymnastes pour évoluer avec lui. Je reconnais que ce n’est pas donné à tout le monde. Le problème avec les pauvres, comme dit souvent Oncle Bernard, c’est qu’ils ne comprennent rien à l’économie et qu’ils cherchent à dissimuler la ténuité de leur intelligence et de leur culture derrière de vieilles lunes crypto-trotskistes.

Alors pour que les choses soient bien claires désormais, je vous annonce une grande décision qui entérine de manière définitive le changement de logiciel de Charlie: j’ai décidé – n’en déplaise au diffamateur patenté Denis Robert et à ses sbires anticapitalistes – d’ouvrir le capital du journal à la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream.

En effet, comme je le déclarais il y a peu à un ami banquier qui se lève tôt le matin, “la presse a besoin de diversifier ses modes de financement. Et puis quand même, Clearstream, ce n’est pas un actionnaire comme les autres. Ça a un côté un peu provoc’ que n’aurait pas renié Choron.”