Archive for the ‘nécrologie’ Category

In memoriam (re)

2 septembre 2008
J'encaisse, j'encaisse,

J'encaisse, j'encaisse, mais faites gaffe: les salariés de “Charlie” peuvent témoigner que quand je m'énerve, ça moufte plus. Chomsky, si tu me lis, tiens-le toi pour dit!

Je suis effondré.

À peine remis de l’annonce de la création de Siné-National Hebdo, encore éploré suite au décès d’Alain, voici qu’une énième tragédie achève de dévaster ma vie.

Jean-Marc Sylvestre, un ami intime de mon Oncle Bernard qui, du coup, est aussi un peu mon oncle, enfin mon ami, enfin j’me comprends, quitte le noble vaisseau radiophonique – France Inter – où je subjugue, chaque vendredi matin, des millions de paires d’oreilles par mes chroniques visionnaires.

Dans le même temps, Rudolf Mermet reste, lui, le venimeux obersturmführer de la Kommandantur talibano-stalinienne de “Là-bas si j’y suis”. J’en patauge dans la déconfiture, d’autant que ce castro-chaviste aux amitiés négationnistes, sans aucun respect pour mes récentes blessures de guerre, non encore cicatrisées, balance sur cette poudrière de douleur un plein tonneau d’alcool de banane vénézuélienne.

Comme dirait Silvio: Mamma mia!

Qu’est-ce que j’ai fait au Ciel pour devenir le principal bouc émissaire du pays, comme hier la tête de Turc de mes camarades de classe à chaque nouvelle rentrée?

Je tiendrai bon quoi qu’il arrive. L’adversité a le même effet sur moi que le stress ou la colère sur le paisible Dr Bruce Banner: lui se métamorphose alors en Incroyable Hulk, et moi en Super-Résistant de la 25e heure.

Non, Laurence, reprends-toi… sèche tes larmes, je t’en supplie. Si Jean-Marc n’est plus sur le service public, saches que son âme lui survit, dont la doulce effluve thatcherienne imprègne désormais chaque humble chevalier-chroniqueur de la Maison Ronde.

Oui, Laurence, tu peux compter sur moi pour reprendre le flambeau. Fredonne avec moi, dans la nuit noire et glacée du trotskisme, qui est descendue sur le pays pour un long hiver totalitaire, ces paroles d’espoir tirées de l’hymne du Medef… NOTRE hymne, Laurence:

Ami si tu tombes
Un ami sort de l’ombre
À ta place…

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In memoriam

2 septembre 2008
faux texte

J'avais fait la connaissance d'Alain en 1943, au sein du réseau Orion, mais depuis nous nous étions perdus de vue.

Alain s’en est allé.

En parcourant sa nécrologie, ce matin, dans mon quotidien préféré, j’ai cru un bref instant qu’il s’agissait de ma propre oraison funèbre.

Jugez-en.

“Grand résistant » – comme moi.

“Polémiste”, “grande plume” – comme qui?

“Éditorialiste passionné” – oui, comme Bibi.

“Homme de convictions” – tout pareil.

“Pourfendeur de la gauche” – décidément!

“Ce républicain avait soutenu la candidature de Rachida Dati dans le VIIe arrondissement de Paris en invoquant […] le ‘génie assimilationniste’ de la France” – j’en pleurerais!

Bref, si j’écarte son euroscepticisme, je découvre, ému, à l’heure de ses funérailles, que j’avais un frère jumeau.

En signe d’admiration, j’ai d’ailleurs informé mon notaire, Me Malka, que je souhaitais avoir comme épitaphe l’une de ses plus belles phrases:

“Je crois à la France comme je crois en Dieu!”

À Dieu, frangin.

Photo: © Francois Perri/REA