Archive for the ‘internet’ Category

Bombardons Kaboul-sur-Ouèbe

2 octobre 2008
le seul avantage

Le seul avantage avec la burqa, c'est que ça permet aux Afghanes opprimée de dévorer “Charlie Hebdo” à l'insu des talibans. (Ci-dessus, deux journalistes de la presse féminine rient aux éclats devant le numéro spécial consacré aux caricatures du prophète.)

Enough is enough !

Je viens d’écrire à Michel Boyon, le président du CSAA (Conseil supérieur de l’audiovisuel atlantique) une lettre incendiaire – magnanime, j’en ai toutefois profité pour lui conseiller de ne jamais tourner le dos à Rachid Arhab, cet adepte du sourire kabyle dont le patronyme est une quasi-fatwa.

Cela fait maintenant une semaine que le scandale se perpétue, sans même faire la une de Libé ou du Nouvel Obs – Laurent! Denis! n’attendez pas que Joinville-le-Pont devienne l’Oradour-sur-Glane de la Guerre des civilisations! Pendant cet interminable carême de l’information, long comme un jour sans pain au chocolat, mon sang a bouilli, mes supporters ont fait les cent pas d’ici à là-bas, en se rongeant les ongles des pieds, mais je me suis abstenu de réagir. Je n’en ai appelé ni au peuple ni à l’Otan, malgré d’obsédantes démangeaisons.

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“Charlie” on ze Ouèbe !

10 septembre 2008
légende

L'empereur des start-up, Loïc Le Meur, a su trouver les mots justes pour me réconcilier avec les serviteurs de la Kommandantur ultra-libérale: “En m’engageant, j’ai eu envie de combattre les mensonges racontés aux jeunes depuis l’ère Mitterrand. En premier lieu celui à propos du travail et le fait qu’on pourrait réussir en travaillant moins. Résultat: aujourd’hui, les jeunes considèrent qu’ils n’ont plus que des droits.”

Mais non, ce n’est pas un canular.

Wallahi! comme dirait Dalil Boubakeur.

Après ma traversée à la nage de l’océan des blogs, c’est au tour de Charlie de marcher sur la Lune du Ouèbe.

Un site Internet pour Charlie! Si maman m’avait dit ça l’année dernière, je crois bien que je l’aurais déshéritée.

Reste à expliquer à nos futurs visiteurs comment j’ai pu, en 2001, me laisser aller à écrire ça:

À part ceux qui ne l’utilisent [Internet] que pour bander, gagner en bourse et échanger du courrier électronique, qui est prêt à dépenser de l’argent à fonds perdus pour avoir son petit site personnel? Des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs, qui trouvent là un moyen de diffuser mondialement leurs délires, leurs haines, ou leurs obsessions.

Internet, c’est la Kommandantur du monde ultra-libéral. C’est là où, sans preuve, anonymement, sous pseudonyme, on diffame, on fait naître des rumeurs, on dénonce sans aucun contrôle et en toute impunité. Vivre sous l’Occupation devait être un cauchemar. On pouvait se faire arrêter à tout moment sur dénonciation d’un voisin qui avait envoyé une lettre anonyme à la Gestapo. Internet offre à tous les collabos de la planète la jouissance impunie de faire payer aux autres leur impuissance et leur médiocrité. C’est la réalité inespérée d’un rêve pour toutes les dictatures de l’avenir.

Les trente deniers de Charb

8 septembre 2008
légende

En juillet, en pleine affaire Siné, Charb avait désavoué son vieil ami antisémite pour se rallier à ma pétition collective personnelle exigeant son départ de “Charlie”. Je l'entends encore me jurer éternelle fidélité. Ci-dessus, à la fin d'une conférence de rédaction, il se précipite pour me donner le baiser de la soumission. Que ne me suis-je méfié de ce Judas à lunettes!

Ce matin, c’est un coup de fil de Riss, affolé, qui m’a tiré du lit:

– Philippe, ça craint. T’es sûr que c’était une bonne idée d’emplafonner à nouveau Internet dans ta chronique sur France Inter, vendredi? Parce que d’après ce que je vois sur Gougueule, à côté du pilonnage qui se prépare contre nous, le bombardement de Dresde ressemblait à une gentille averse de printemps…

– Mmmhhh ? Tu veux dire que ces cyber-faquins n’ont pas eu leur dose? Ils remuent encore? Attends que je leur règle leur compte sur i>Télé!

– Ben tu vois, j’ai comme un doute: c’est plus de l’huile que tu jettes sur le feu, là, c’est du kérosène. Et si tu calmais le jeu pendant quelques semaines? Je sais pas, moi, tu pourrais revenir à des sujets plus légers, comme les imams qui ont infiltré la cour d’assises de Rennes pour imposer aux jurés de faire le Ramadan. Caroline m’a d’ailleurs envoyé un mail pour me dire qu’elle tenait un gros scoop là-dessus: il paraît qu’en fait le père de l’enfant de Rachida Dati serait Frère Tariq! Les femmes magistrats devront bientôt rendre la justice en burqa et la lapidation sera introduite dans le code pénal au début de l’année prochaine…

– Écoute Riss, il y a des choses avec lesquelles ont ne peut pas transiger. Ce n’est pas à toi, mon fils spirituel, mon Petit Scarabée, que j’apprendrai que le XXIe siècle est soumis à trois grands périls: les Arabes, l’extrême gauche et l’Internet. Je dois me battre contre cette hydre à trois têtes, quel qu’en soit le prix. Comment crois-tu que j’intègrerai un jour l’Académie française, si je ne me montre pas digne de la mémoire de Jean-François Revel, qui m’a tout appris?

– C’est toi le chef, Philippe: c’est toi qui décides. Mais je voulais aussi te prévenir qu’il y a un truc qui risque de t’énerver un peu…

– Que veux-tu dire ? Je croyais que Siné Hebdo avait décidé de ne pas parler de moi?

– Non, non, c’est pas Siné… C’est… heuuu, comment dire… Acrimed…

– Vade retro ! Ne prononce jamais ce nom-là devant moi! Tu sais bien qu’il fait partie des mots interdits, avec Halimi, Bourdieu, Mermet et quelques autres dont j’ai affiché la liste dans les couloirs du journal!

– Excuse-moi, Philippe, mais j’ai vraiment pas le choix. Ce matin… heuuu… l’association de critique des médias dont on ne peut pas dire le nom a publié “Une histoire de Charlie Hebdo”. Un article dégueulasse, écrit par… euuhhh, enfin par un type tout aussi dégueulasse dont on ne peut pas non plus dire le nom… Il y a des dates, des faits, des citations, bref: ça rappelle la presse des années 1930 et son cortège de dénonciations antijuives…

– Riss, je suis au siècle naissant ce que le capitaine Dreyfus fut au XIXe siècle finissant. Ils peuvent bien me calomnier, me déporter, Alexei et Bernard doivent déjà être en train rédiger leur J’accuse en ma faveur!

– Je n’en doute pas, Philippe, mais il faut que tu saches qu’il y a dans cet article une vidéo qui risque de te mettre hors de toi… Je ne sais pas trop comment t’en parler, mais enfin, heuuu…

– Quoi ? Que veux-tu dire ? François Bayrou a-t-il annoncé qu’il se désabonnait de Charlie?

– Non, c’est pas vraiment ça. Disons qu’il y a un de nos collaborateurs, enfin, pour être précis, un de nos rédacteurs en chef qui… qui… qui… qui dit que… enfin, euuuh…

– Qui dit quoi?

– Qui dit que s’il lançait un journal, tu ne travaillerais pas dedans…

– Je n’entends rien, parle plus fort!

– Il dit que Val est tellement atypique dans Charlie Hebdo… c’est lui le directeur et c’est lui qui ressemble le moins au journal. […] Si j’étais directeur d’un journal et si j’avais les moyens de faire un journal, il n’y aurait pas Val dans le journal. En tout cas, ce qu’il exprime dans le journal, ça n’existerait pas.” Voilà ce qu’il dit exactement, Philippe… Bon, ben, dis donc, l’heure tourne. Je vais devoir aller déposer les enfants à l’école, hein, on se parle plus tard…

– QUI ? Qui est le fils d’ayatollah qui a déclaré ça?

– Tu es sûr que tu ne m’engueuleras pas si je te le dis?

– Son nom! Je veux son nom! VITE!

– C’est… Frère Charb…

– Comment! Ai-je bien ouï? Frère Charb, dis-tu? Pas notre Frère Charb à nous, quand même? Tu veux sans doute parler d’un homonyme?

– Heuuu… ben, non… je parle bien du nôtre. M’enfin rassure-toi, il a pas dit ça au jité de France 2: c’était au Festival de Groland, en 2007. Va sur Dailymotion et tape: Charb + Acrimed, tu verras…

– …

– Philippe ? Ça va ? Tu te sens bien ? C’est quoi ces hurlements lugubres que j’entends derrière toi? T’as adopté un loup chez Luce Lapin ou quoi?

– Riss, mon petit Riss, je crois bien que la France compte un chômeur de plus ce matin. Mais cet Iscariote-là a intérêt à profiter de ses trente deniers car il n’aura même pas le temps d’aller au bout de son délai de carence avant de voir sa mort en face. Son cadavre pourrira bientôt dans une fosse commune du cimetière de Damas, j’en fais le serment.

– Tu veux dire que…

– Ah, il va l’avoir sa fatwa, notre Frère Tuck! Il va savoir ce qu’il en coûte de provoquer mon courroux. Appelle Caroline et Cabu: réunion de crise à 13h30 chez Lipp.

(bip bip bip)

Je le savais ! Oui, je savais bien que les traîtres et les crétins, pour une fois réunis, s’étaient infiltrés dans les colonnes de mon bel hebdomadaire, et même jusque sous mon lit.

Charb, infâme collabo! Félon! Infidèle! Renégat! Tu es aussi perfide et sournois qu’un Frère musulman!

Je t’ai tout donné, sans méfiance. Je t’avais même inscrit, sur mon testament philosophique, parmi mes principaux héritiers, aux côtés de Caroline et Dominique Sopo. Un avenir radieux te souriait, nous aurions pu arrondir nos fins de mois en égayant de concert les colonnes du Journal du dimanche… Et voici que tu m’achèves à l’heure où les vautours islamo-gauchistes tournoient autour de ma carcasse…

Délimocheune ! Tu as donné une interview à Délimocheune, cette Radio Paris du Ouèbe que n’eût pas reniée Darquier de Pellepoix.

J’imagine que les gestapistes de Rezo.net, la maison-mère de la Kommandantur libérale, doivent s’en frotter les griffes. Et que, dans son luxueux palais de Caracas, le Duce du Cône Sud a déjà sablé le champagne.

Chomsky, si tu me lis, je sais bien que tu es derrière tout ça. Mais tu ne perds rien pour attendre, sale linguiste de vipère! J’ai le bras long à Washington…

Internet a le sida

5 septembre 2008
Légende

Mon mentor, le regretté Louis Pauwels, avait vu juste. Les internautes (ci-dessus, un blogueur de Médiapart) sont atteints d'un sida mental. Ils ont perdu leurs immunités naturelles; tous les virus décomposants les atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore.

Z’avez entendu ma chronique, ce matin sur France Inter?

Hin ! hin !

J’attendais ça depuis un mois et demi. On a bien raison de dire que la vengeance est un plat qui se mange froid. Ce matin, je me suis tapé un sacré gueuleton – heureusement que je ne fais pas le Ramadan.

Au menu : régler leur compte à Médiapart et à l’Internet, ces deux sombres mamelles de la Valophobie.

Hin! hin!

On fait moins les malins, maintenant que j’ai retrouvé les codes secrets de ma force de frappe radiophonique.

À Médiapart, depuis ce matin, il paraît que c’est la panique: ma secrétaire me révèle que sa tante lui a dit que, selon son charcutier, ils ne savent plus où se mettre.

Faut dire que mon billet était, comme toujours, d’une rigueur scientifique que n’eût pas reniée Pasteur. Je me suis appuyé sur une longue enquête de terrain menée en recopiant dans Charlie une chronique de l’urgentiste Patrick Pelloux, qui avait lui-même mené une investigation au long cours auprès de sa belle-sœur, qui lui a confié – si j’ai bien compris – que la marraine de sa voisine lui avait dit que d’après le neveu du frère de sa boulangère, qui est féru d’Internet, Médiapart avait publié un scoop à la une de Gougueule Actualité pour affirmer que le sida n’existe pas et que les avions qui se sont écrasés sur les tours jumelles seraient en fait des libellules géantes ayant muté à cause du maïs transgénique.

Encore une belle illustration qu’Internet est une gigantesque benne à ordures où des blogueurs paranoïaques passent leur temps à remettre en question les généreux communiqués de l’Élysée au lieu de dire merci – comme à Charlie,j’ai imposé le devoir de politesse.

Si après ça je ne reçois pas le prix Christophe Barbier de la finesse éditoriale, c’est qu’il y a un complot qui se trame contre moi.

Je crois en tout cas qu’après un Scud pareil, c’est pas demain la veille qu’un blogueur osera dire du mal de Philippe Val sur la Toile d’araignée!

Le Phénix de Turbigo

13 août 2008
Comme le Phénix, Philippe Val est un oiseau fabuleux, doué de longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître après s'être consumé sous l'effet de sa propre chaleur.

Comme le Phénix, Philippe Val est un oiseau fabuleux, doué de longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître après s'être consumé sous l'effet de sa propre chaleur.

À peine était-il venu au monde dans une étable de Bethléem que ce blog s’autodétruisait, provoquant la stupeur attristée des centaines de milliers d’internautes qui venaient quotidiennement y faire le plein de philosophie. À l’idée que je me sois fait hara kiri, les pires supputations se sont mises à fleurir sur la toile d’araignée: avais-je été kidnappé par les Farc, menacé par le Hamas, piraté par les Chinois, assassiné par Al Qaida, embauché à la Maison-Blanche?…

Rien de tout ça, je vous rassure. Je me suis simplement emmêlé dans les onglets de mon butineur – vous savez qu’Internet et moi, c’est un mariage de raison plus que de passion. Alors que je m’étouffais de rage devant la page d’accueil du blog de Siné, je suis repassé malencontreusement sur l’interface de mon blog, où j’ai vu un sympathique bouton sur lequel était inscrit “Supprimez le blog”. Croyant bien faire, espérant épurer l’Internet du remugle bachir-el-assadiste dégagé par l’ex-collabo de Charlie, j’ai appuyé sur le bouton, et pshhhit: c’est en fait mon propre blog qui a disparu!

Je n’avais pas besoin de cette nouvelle épreuve pour entamer une cure d’antidépresseurs. Meurtri comme un bébé phoque, j’ai préféré quitter la France pour me réfugier à Baden-Baden auprès du général Alexei.

Depuis mon exil, j’ai provisoirement trouvé refuge chez un sympathique éditeur sensible à la profondeur de mes pensées et au délice de mes concepts. Là, j’ai pu rassurer les millions d’internautes orphelins qui pleuraient ma disparition.

Tel le Phénix, je renais aujourd’hui de mes cendres. Et j’aime autant vous prévenir que ce que vous avez lu sur feu mon premier blog n’était qu’un hors d’œuvre. Comme je le dis souvent à mes troupes pendant les réunions de rédaction de Charlie: on n’est pas là pour rigoler!

On a quand même une guerre à préparer et une civilisation à sauver.

Avec le Crif, interdisons Internet

6 août 2008
Non seulement les internautes sont antisémites, mais en plus ils ne se brossent pas les dents, dénonce le Crif.

Non seulement les internautes sont antisémites, mais en plus ils ne se brossent pas les dents, dénonce le Crif.

Tout à l’heure, en plein bouclage, j’ai reçu un SMS d’Alexei: “Le Crif vient de publier un communiqué pour te soutenir. Mazel Tov!”

J’étais tellement bouleversé de lire ça que j’en ai renversé ma chope de Badoit sur un dessin super drôle de Cabu, pressenti pour la une de mercredi, où on voit Tariq Ramadan et Jean-Marc Rouillan tailler une pipe à Olivier Besancenot.

Sans même prendre le temps de m’excuser, j’ai couru comme un fou vers mon ordinateur pour voir si je trouvais la trace de cette grande nouvelle sur Glougheul Actualités – à la grande surprise des copains de la rédaction, qui ne m’avaient jamais vu, en quinze ans, me connecter au Ouèbe.

Au moment d’appuyer sur la touche “Rechercher”, j’avoue que mon cœur battait la chamade.

Hosanna ! Alexei avait dit vrai. Même les benlado-trotskistes de Nouvelobs.com, dont ma collègue Caroline m’a affirmé ce week-end qu’ils ne faisaient rien qu’à jeter de l’huile antisémite sur mon feu de camp républicain depuis le début de l’affaire, n’avaient pas d’autre choix que de répercuter la nouvelle: “Affaire Siné: le Crif apporte son soutien à Val”.

Rendu audacieux par cette nouvelle enthousiasmante, je suis parti – seul – à la recherche du site Internet du Conseil représentatif des institutions juives de France. Je l’ai localisé à force de patients efforts, et là, j’ai cliqué sur la rubrique “Communiqués”. En tête de liste figurait ce vibrant hommage à moi-même. J’étais un peu déçu que ça ne soit pas plus long, mais qu’est-ce que vous voulez, en plein milieu des grandes vacances j’imagine qu’ils n’ont que des stagiaires sous-payés pour faire le boulot, comme à Charlie.

Du coup, je ne résiste pas à vous faire – comme disent les jeunes – un copier-coller (c’est Riss, qui s’y connaît en ordinateurs, qui m’a montré):

Le CRIF soutient Philippe Val

Le CRIF apporte son soutien à Philippe Val, qui a sanctionné Siné à la suite de son dérapage à propos de la fausse nouvelle de la conversion de Jean Sarkozy au judaïsme.
Le CRIF tient à affirmer sa solidarité avec le directeur de Charlie Hebdo dont la décision fait l’objet d’une véritable campagne de haine.
Le CRIF rappelle que ce n’est pas la première fois que Siné commet de tels dérapages.

Comme dirait Ivan, ite missa est!
J’étais si heureux de voir une nouvelle organisation progressiste s’ajouter à la liste déjà longue de mes soutiens de gauche que je suis resté un moment, songeur, à naviguer sur leur site. J’ai été bien inspiré car je me suis découvert avec le Crif bien d’autres points en commun que la chasse aux sorcières et la lutte contre le communautarisme. Si j’avais su ce que j’allais découvrir, d’ailleurs, je crois que j’aurais un peu attendu avant de poster mon billet de ce matin. Figurez-vous que le Crif vient de publier une étude qui montre qu’Internet est un repaire de nazis du Ku Klux Klan. Comme vous le savez, j’avais alerté les lecteurs de Charlie sur cette ignominie qu’est le Ouèbe dès 2001, ce qui était d’autant plus remarquable qu’à cette date je ne m’en étais servi qu’une seule fois, pour réserver un billet de TGV en l’absence de ma secrétaire. Voici ce que j’écrivais à l’époque:

Qui est prêt à dépenser de l’argent à fonds perdus pour avoir son petit site personnel ? Des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs qui trouvent là un moyen de diffuser mondialement leurs délires, ou leur haine, ou leurs obsessions.

Malheureusement, je n’avais pas été entendu lorsqu’il était encore temps. La cyber-Kommandantur a désormais pignon sur rue! Lisez vous-mêmes le résumé de cette enquête inquiétante:

Le texte de Laurent Duguet publié pour ce treizième numéro des Études du CRIF est important parce qu’il énumère consciencieusement ce qu’en l’état nous pourrions appeler un tout-à-l’égout, où tout peut s’écouler. Il faut en effet surfer sur le Net pour comprendre ce qu’il en est. On y trouve les brûlots du Ku Klux Klan, des manuels de la S.S., les Protocoles des Sages de Sion, des opuscules néonazies (sic), toute la propagande falsificatrice des négationnistes, des milliers de livres racistes et antisémites, de longues diatribes et des appels au meurtre contre les Juifs et d’autres minorités, des éléments justifiant le recours au Djihad et à la violence contre les « mécréants », toutes les images, tous les textes qui bafouent la dignité humaine et tous les commerces qui crachent sur nos tombes et foulent au pied les droits de l’homme.

Ça m’a fait froid dans le dos. Mais que fait la police? me suis-je demandé, en mon for intérieur. Eh bien, la police préfère verbaliser les automobilistes qui roulent trop vite, au mépris de la liberté individuelle. Et le Crif est bien obligé de nous préparer à la seule solution digne de ce nom, face à un tel danger: interdire Internet.

Il est donc temps d’affirmer haut et fort qu’il vient un moment où le nécessaire respect de la liberté d’expression se heurte à la non moins nécessaire protection des personnes visées par les menaces et les violences racistes proférées. Et, tout comme dans le monde réel, le monde virtuel ne doit pas être le refuge de toutes les provocations qui bafouent constamment la nature humaine.

Il faut donc rappeler que, si dans les pays occidentaux, la liberté d’expression est un droit constitutionnel, les instances judiciaires les plus élevées de nombreux pays européens estiment que les dispositions interdisant l’incitation à la haine raciale et à la diffusion de propos racistes et antisémites constituent des restrictions raisonnables et nécessaires.

Comme on ne peut pas passer son temps à poursuivre en justice tous les négationnistes et jihadistes qui veulent remettre Hitler sur le trône, je crois que l’interdiction pure et simple de cet outil forgé par Belzébuth serait une mesure de salubrité publique que n’eût pas reniée Voltaire. Je viens d’ailleurs d’appeler Caroline pour lui suggérer de rédiger le texte d’une pétition à son retour de vacances.

J’ai téléchargé le rapport, je vous tiendrai au courant quand je l’aurai fini, mais en le feuilletant j’ai aperçu la sinistre bobine du vil Ahmadinejad, ce qui me fait dire qu’Alexei a mis dans le mille et  que l’interdiction du Ouèbe ne suffira pas: les vrais démocrates que nous sommes devront aussi prendre leurs responsabilités en rasant l’Iran de la carte.

Pour qu’enfin règnent la paix et la concorde entre les hommes…

Voltaire et Internet

6 août 2008
Internet est un immense terrain vague livré aux chiens.

Internet est un immense terrain vague livré aux chiens.

Cette foutue affaire m’a flingué mes vacances. Les valises étaient quasiment prêtes, il ne me restait plus qu’à acheter un maillot de bain et une paire de tongs. Et puis patatras, l’affaire – comme l’eût qualifiée Zola – a éclaté, déversant ses torrents de haine dans les principaux affluents de la Marne. Plus question de quitter mon poste, et encore moins la France. Même la Drôme, où je suis propriétaire terrien, était trop éloignée du front. Il me fallait regagner la capitale pour m’y battre à mains nues.

Au téléphone, Bernard avait du mal à dissimuler sa déception. Bientôt deux ans qu’il me proposait de séjourner dans son riad marrakchi. Je lui avais patiemment expliqué qu’en raison de la fatwa lancée contre moi sur son Skyblog par un lieutenant d’Oussama Ben Laden, il m’était déconseillé par le ministère de l’Intérieur de voyager en terre d’islam. Comme Salman Rushdie et Robert Redecker je vis sous protection policière permanente, et chez moi je ne dors jamais deux fois de suite dans la même pièce (cette nuit, dans la salle de bains, j’ai d’ailleurs très mal roupillé).

Mais Bernard insistait:

— Philippe, je sais que ta tête est mise à prix au-delà du périphérique, mais si tu persistes dans ta décision, alors les intégristes auront gagné. Tu sais que j’ai bravé la mort du salon VIP de l’aéroport de Sarajevo jusqu’au Sheraton de Karachi, alors fie-toi à mon instinct de survie. Mon riad est placé sous la protection des policiers marocains, qui ne sont pas des rigolos. Le moindre barbu, la moindre femme voilée qui s’approche de chez moi à moins d’un kilomètre est emmené au commissariat pour interrogatoire. J’ai même fait installer autour du riad des miradors où se relaient d’anciens marines de Guantanamo armés jusqu’aux dents. Je te jure, Philippe Val, sur la tête d’Arnaud Lagardère, que tu ne risques rien.

Je lui ai répondu que bon, d’accord, j’étais prêt à prendre le risque, mais que ce serait quand même une grande perte pour la gauche moderne s’il m’arrivait quelque chose. Et puis je lui ai fait remarquer que le plus dangereux, ce serait de prendre l’avion.

— Imagine que des jeunes de banlieue armés de cutters dissimulés dans leur Coran détournent l’avion et l’emmènent s’écraser sur la résidence secondaire de Brice Hortefeux!

— Voyons, Philippe Val! Tu es le meilleur éditorialiste de France, tu ne pensais tout de même pas voyager dans un avion de ligne. Je t’affrète un jet depuis Le Bourget, pas question que tu prennes le risque de te retrouver assis, en business, à côté de Tariq Ramadan ou Jamel Debbouze.

Un peu rassuré, je lui ai donné un OK de principe. Puis j’en ai parlé ma femme, qui, elle, n’était pas très chaude. Elle a raté son Deug en juin et prévoyait de bosser tout l’été pour rattraper ses UV en septembre. Mais je lui ai expliqué que quand on a l’opportunité de réviser ses cours à côté du transat d’un philosophe de la trempe de Bernard, c’est mal venu de faire la fine bouche. Comme d’habitude, elle m’a dit que j’avais sans doute raison.

Bernard, donc, s’est  montré très déçu par notre annulation de dernière minute. “Ce n’est que partie remise, m’a-t-il dit, comme pour se consoler. Je t’inviterai au prochain réveillon du Nouvel An, il y aura Claude Imbert et les Strauss-Kahn.” J’ai répondu que oui, bien volontiers, mais que pour l’heure, une nouvelle fois, le devoir de mémoire m’appelait.

— Internet m’a déclaré la guerre, une guerre sainte, une guerre sale. Si je laisse les féroces soldats des blogs venir jusque dans nos bras, ils égorgeront nos fils et nos compagnes comme on le fait des moutons pour l’Aïd. Je suis une sentinelle postée sur la grande muraille de la démocratie. Si je m’endors, dans dix ans nos enfants naîtront circoncis et excisées et parleront le patois des rapeurs.

J’allais me reprendre, pour préciser qu’il y a circoncision et circoncision, mais Bernard m’a coupé la parole.

— Je t’en conjure, Philippe Val, sois prudent! Internet est un monstre sans tête, doté de mille bras griffus. Garde toujours sur toi, comme un précieux talisman, La Barbarie à visage humain, afin de conjurer le mauvais sort.

Dans le 4×4 qui m’emmenait vers la gare de Valence, j’ai demandé au chauffeur d’éteindre la clim. Pas le moment de choper un rhume, les rats du Web seraient trop heureux de me savoir diminué. Dans le TGV, j’ai pu constater que mon aura était demeurée intacte parmi les passagers de première classe. Une bonne quinzaine de mes compagnons de voyage sont ainsi venus solliciter un autographe, qui sur son exemplaire du Point ou de Valeurs actuelles, qui sur la page de garde du dernier Finkielkraut, qui sur l’emballage de son Toblerone. J’ai constaté à cette occasion que mon lectorat s’était élargi, puisque des seniors vêtus avec goût semblaient tout connaître de mon œuvre récente.

— Vous avez réconcilié la France d’en haut avec la presse satirique, m’a lancé, la voix tremblante d’émotion, une petite mamy très sympathique qui portait dans ses bras son Yorkshire.

Passé ce moment de communion, le wagon retrouva son calme et j’en profitai pour relire Voltaire. Alors que je n’étais pas loin de somnoler, une phrase retint mon attention:

“Soutenons la liberté de la presse, c’est la base de toutes les autres libertés, c’est par là qu’on s’éclaire mutuellement. Chaque citoyen peut parler par écrit à la nation, et chaque lecteur examine à loisir, et sans passion, ce que ce compatriote lui dit par la voie de la presse. […] C’est par là que la nation anglaise est devenue une nation véritablement libre. Elle ne le serait pas si elle n’était pas éclairée; et elle ne serait point éclairée, si chaque citoyen n’avait pas chez elle le droit d’imprimer ce qu’il veut.”

Ai-je besoin de vous faire un dessin? Dans ce texte de référence sur la liberté d’expression, le philosophe que le monde entier nous envie ne dit pas un mot d’Internet, même par incidence. La liberté d’une nation s’acquiert grâce à la presse et à rien d’autre, affirme-t-il. Internet, Voltaire n’en parle nulle part dans son œuvre admirable (j’ai vérifié dès mon arrivée à Paris, en faisant un détour par la bibliothèque François Mitterrand). Il laisse ça aux marxistes et aux antidreyfusards dont, confusément, il sent poindre l’avènement. Existe-t-il meilleure preuve qu’Internet était désavoué par les plus brillants représentants des Lumières?

Pour qu’une nation accède à l’éclairage, nous dit le bon Voltaire, il faut des éditos de Christophe Barbier, des philippiques de Laurent Joffrin, des chroniques de Jean-Marc Sylvestre, des jités de Claire Chazal, des souvenirs de Jean Daniel… Et sûrement pas cette cacophonie populacière où le moindre tourneur-fraiseur se croit autorisé à nous dispenser son analyse de la Constitution européenne.

Si les non-journalistes estiment avoir quelque chose d’intéressant à dire, qu’ils s’adressent au courrier des lecteurs de leur quotidien préféré. Là, des gens compétents décideront en conscience si leurs divagations méritent une recension. Consciente de son rôle, la presse a en effet délégué des médiateurs pour traduire en langage évolué les petites haines recuites des dépités de la mondialisation. Je ne sais plus si c’est Montesquieu ou Jacques Julliard qui disait que “la démocratie, c’est le tri”. Il avait bien raison. Il est des informations sans intérêt et des points de vue qui ne grandissent pas ceux qui les énoncent. Le rôle de la presse, c’est justement de définir, dans l’intérêt des masses incultes, ce dont on a le droit de parler et ce qu’il convient d’en dire.

Il n’est qu’à Téhéran, Damas ou Pékin que ces évidences sont contestées.

Dessin: © The New Yorker, Peter Steiner, 1993.

La nausée

6 août 2008
En 2006 déjà, au Salon du livre, Bernard était la malheureuse victime d'un attentat antisémite commis par la branche pâtissière d'Al Qaida. L'ombre de Siné plane sur cette infamie…

En 2006 déjà, au Salon du livre, Bernard était la malheureuse victime d'un attentat antisémite commis par la branche pâtissière d'Al Qaida. L'ombre de Siné plane sur cette infamie…

Cet Internet, c’est vraiment le retour du nazisme et du goulag réunis. Là, devant mes yeux, à perte de vue, sur Gogueul, des centaines d’articles mettaient mon talent en doute. Sans parler de ceux qui osaient considérer mes écrits comme un sujet de rigolade.

Ainsi donc, dans les catacombes de l’humanité grouillaient des hordes barbares, analphabètes et cannibales, insensibles à mes éditos; des untermenschen inaccessibles à la civilisation de Saint-Germain-des Prés; des primates qui ne sont pas abonnés à Libé, croient que Jean-Luc Hees est un coureur cycliste et n’ont pas lu Ce grand cadavre à la renverse.

On sait depuis Françoise Giroud, l’égérie de la gauche giscardienne, que la liberté d’expression est un bien trop précieux pour être confié au peuple et à son populisme viscéral. “Internet est un danger public puisque ouvert à n’importe qui pour dire n’importe quoi”, écrivait avec raison la regrettée diva dans Le Nouvel Observateur (25/11/1999). Si elle était encore en vie, je lui confierais bien une page dans Charlie pour chroniquer cet égout à ciel ouvert. Avant qu’il ne soit trop tard.

Ma collègue Caroline, qui traque les pédo-islamistes jusque dans les moindres recoins de cette toile d’araignée visqueuse, avait raison de me mettre en garde: “Internet, tu verras, ça pue la sueur et la mauvaise haleine.” Elle était en-deçà de la vérité. J’ai découvert un mélange du Salon de l’auto et de celui de l’agriculture, où des centaines de milliers de beaufs anonymes crachent leur dépit de ne pas être riches et célèbres en s’en prenant aux juifs, aux journalistes et aux intellectuels. Ces péquenots incultes devraient pourtant savoir que l’intelligence est réservée à une élite, qu’elle procède d’une hygiène de vie quotidienne qui n’a rien à envier à l’entraînement des forces spéciales. Moi, par exemple, à l’école, pendant que mes copains jouaient au foot, ce sport abêtissant pour nazis alcooliques, j’apprenais par cœur des sourates de l’Éthique, de Spinoza. C’est comme ça que je suis devenu un phare de la pensée, un repère dans la nuit de l’obscurantisme pour toutes les péniches qui voguent sur la Marne.

Écœuré par ce que je venais de découvrir, j’ai téléphoné à Laurent (un ami barbichu) pour prendre conseil. Je lui ai annoncé que j’envisageais de saisir le CSA et de porter plainte contre Internet car je m’estimais victime d’injures antisémites et de négationnisme philosophique. Je lui ai demandé le numéro d’Amnesty International et de Reporters sans frontières mais il m’a répondu qu’il n’avait pas de numéros d’ONG dans son carnet d’adresses, seulement des ministres. Pour le CSA, par contre, il pouvait me pistonner.

Ce soir-là je dinais chez Alexandre, un mec très sympa et surtout très cultivé. C’est un pote de Caroline, ma collègue philosophe qui dit souvent que pour espérer survivre, les démocraties occidentales devront pourchasser les islamistes jusque dans les chiottes. Ça m’a fait un bien fou cette soirée. Alexei (Alexandre se fait appeler Alexei; il dit que c’est en souvenir de sa jeunesse, quand il arrivait à boutonner son pantalon sans l’aide de personne) m’a appris que lui et ses amis épris de liberté préparaient une insurrection contre Internet, ce IIIe Reich virtuel, et qu’ils étaient solidaires de mon combat contre l’humour pas drôle.

Alexei m’a fait prendre concience des enjeux géopolitiques d’Internet, et j’avoue que je sous-estimais la dangerosité de cette invention maléfique. D’après lui, ce truc a été inventé par les Chinois pour permettre aux Iraniens de décapiter notre culture millénaire et nos droits de l’homme blanc. Il a ajouté que les blogs étaient en fait une arme de destruction massive bien plus redoutable que les centrales hydrauliques de Saddam Hussein, et qu’il était temps que les Américains bombardent Téhéran pour arrêter tout ça. Je lui ai dit que j’étais prêt à pondre autant d’éditos bellicistes que nécessaire pour galvaniser les lecteurs de Charlie Hebdo et les auditeurs de France Inter, fût-ce au péril de la vie des mes chats. Il m’a répondu que ça ne l’étonnait pas et que ses amis à Washington lui avaient déjà dit tout le bien qu’ils pensaient de moi.

À l’heure du digestif, on a eu la visite de Bernard. Il avait l’air grave, et on s’est tous demandé si la guerre ne venait pas de commencer pendant nos agapes. Il nous a répondu que non, malheureusement, que les Munichois qui nous gouvernent sont des lâches, mais qu’il venait de faxer au Monde une tribune pour me soutenir, qu’à son humble avis il laissait Camus et Sartre loin derrière et qu’on n’avait pas fini d’entendre parler de sa dernière contribution à la lutte contre la Bête immonde.

— Tu es réhabilité Philippe Val! Demain, quand sonnera midi, nul n’ignorera plus que tu es le digne héritier de Jean Moulin, qu’il m’a lancé, en saisissant le verre de cognac que lui tendait Alexei.

Sa voix commençait à trémoler, et j’ai bien j’ai cru qu’il allait me refaire le coup de Malraux au Panthéon: “Entre ici, Philippe Val, avec ton terrible cortège…” J’étais un peu gêné, car autour de la table nous étions quand même une demi-douzaine de Jean Moulin en puissance. Tirer la couverture à moi, c’est pas trop mon genre.

Ah, quand je pense à toutes ces années perdues à chercher en vain la reconnaissance des gauchistes. Ces ignares ne lisaient même pas mes éditos. Dans les diners, tout le monde me demandait de dédicacer les vieux albums de Font et Val en se resservant de la piquette! Aujourd’hui je fréquente des mecs connus en dégustant des grands crus, et les princes me consultent avant de prendre des décisions importantes.

Mais revenons à Internet et aux rats d’égouts qui y pullulent. Bernard, qui a l’habitude de taper son nom sur Gogool, m’a annoncé triomphalement que l’heure de la revanche avait sonné. D’après lui, la crème anglaise de l’élite intellectuelle du pays volait à mon secours, bien décidée à me tirer des griffes acérées des blogueurs antisémites et de leurs troupeaux de commentateurs iraniens anonymes. La Licra me soutenait dans le licenciement sans préavis de Siné. Pareil chez SOS Racisme. Alain-Gérard m’avait manifesté son soutien dès la première minute sur les ondes de RTL. Quant à Alexei, il était justement en train de peaufiner un texte magnifique qui paraîtrait incessamment dans Le Figaro. De son côté, Ivan, qui ne voulait pas être en reste, m’a fait relire le brouillon de sa chronique et j’ai trouvé ça vachement fort – franchement, la réputation de canard de droite du Figaro est très injuste, y a plein de voltairiens progressistes qui écrivent dans ce journal. C’est alors que Laurent m’a appelé sur mon portable, pour me dire qu’il venait de faire un truc incroyable: il a squatté la rubrique “Rebonds” de son journal pour dire tout le bien qu’il pense de moi et enfoncer la tête de Siné dans son caca SS. Et en prime, il a décidé de publier en vis-à-vis une tribune en ma faveur de SOS Racisme, sans accorder la moindre ligne à mes détracteurs. À mon tour de faire ma Carla Bruni dans Libé!

Tour à tour comparé à Jean Moulin et à Zola, je suis ressorti de ce diner bien revigoré.  Ça plus le Château Margaux d’Alexei, ça m’a redonné une sacrée patate. Dans les rues de Neuilly, un peu éméché je l’avoue, j’ai commencé à entonner The Star-Spangled Banner. Ce sont mes deux amis policiers – “mes doudous”, comme je les appelle –, eux qui veillent sur ma personne 24h/24 depuis qu’un adolescent jihadiste du 9-3 a lancé une fatwa contre moi sur son Skyblog, qui m’ont conseillé de baisser d’un ton tandis que nous passions devant la maison de Martin Bouygues.

En enfourchant mon scooter, je me suis juré de faire rendre gorge à Gouggle, l’hydre sino-persane, et aux blogueurs alcoolisés. Désormais ce serait œil pour œil, dent pour dent, couille pour couille. Puisque le choc des civilisations menaçait la place du village du Ouèbe, nous nous devions, mes amis et moi, de porter dans ce cloaque les valeurs universelles des Lumières et de la Maison-Blanche…

Photo: © Olivier Paris, 2006, via Flick’R.