Archive for the ‘antisémitisme’ Category

Le tautologisme me sert de prêt-à-penser

12 avril 2015

freud— Alors, c’est grave Docteur?

— …

— Répondez quelque chose… vous m’inquiétez, là!

— À votre avis?

— Mais je ne sais pas, moi! Si je le savais, je ne serais pas venu dilapider les dividendes de Charlie Hebdo sur votre divan!

— Pourquoi, selon vous, êtes-vous devenu la risée des réseaux sociaux depuis que vous avez débuté la promotion de ce livre? (more…)

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Judéobsédé

11 février 2009

obsession-poster_85x112Cette semaine, j’étais convoqué à Sainte-Anne pour ma visite mensuelle chez le Pap (psychiatre de l’application des peines). Ces salopiots en blouse blanche ont en effet assorti ma libération d’une condition: me soumettre à des examens réguliers censés leur permettre de mesurer l’évolution de ce qu’ils appellent, pompeusement, ma “santé mentale”.

Décidément, depuis la seconde Intifada le monde marche sur la tête! S’assurer de la bonne santé mentale d’un éditorialiste en vue, c’est aussi incongru que de contrôler les urines d’un cycliste sur le Tour de France. Heureusement que je suis connu pour mon sens de l’humour!

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Freud, reviens, je vais devenir fou

31 octobre 2008
Je n'ai jamais connu mon grand-père paternel…

Je n'ai jamais connu mon grand-père maternel. Il est décédé l'année précédant ma naissance, dans sa maison de retraite de Port-Joinville. C'est d'ailleurs pour honorer sa mémoire que j'ai choisi de m'installer à Joinville-le-Pont…

Tout a commencé hier, en début d’après-midi, tandis que je m’adonnais à mon passe-temps favori: comptabiliser le nombre de milliers d’injures qui se déversent quotidiennement sur mon nom dans les cyber-commentaires aux articles dont je suis le sujet. Sur marianne2.fr, je venais d’entamer la seconde centaine de crachats faisant suite à un article venimeux qui me comparait à la Castafiore sarkozyste Nadine Morano lorsque la lecture du commentaire numéroté 106 provoqua un séisme en mon for – de Vincennes – intérieur. Je le cite in extenso:

106. Posté par Laulau le 30/10/2008 14:15
Val a raison de se réclamer de Voltaire grand critique des injustices de son temps mais finissant sa vie à l’abri des puissants de l’époque.
Val a le même genre [de] parcours, né en 1952 avec Philippe comme prénom, m’étonnerait que ses parents fussent de gauche!
Sans doute révolté de 1968 il fait parti des gauchistes, maoïstes et autres qui se retrouvent 40 ans plus tard à la tête d’organes de presse pour bobos pour défendre l’occident libéral.

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La branche hip-hop d’Al Qaida

5 septembre 2008
Légende

Au-delà du périphérique, les enfants-soldats issus de l'immigration font régner la terreur antisémite. Il serait temps que les Munichois qui nous gouvernent en tirent les conséquences gynécologiques.

Lectrice, lecteur, cramponne-toi à ton fauteuil Louis XV.

Cette fois-ci, c’est plus pour de rire.

Ils sont là, à nos portes, dissimulés derrière le périph’. Que dis-je! Ils ont déjà forcé l’entrée et s’insinuent dans Paris comme des trous dans du gruyère.

Comment ça, Qui?, charmante Elvire! Mais les loups, pardi! Les mangeurs d’enfants d’Al Qaida.

Poseurs de bombes, tueurs de juifs, spoliateurs d’actionnaires, tous armés jusqu’aux dents, gorgés de haine anticapitaliste, gesticulant de manière inquiétante et éructant leurs “Zyva” sur le sentier de la guerre des civilisations…

Comment ça, Accouche!, charmante Elvire?  Je parle bien sûr des rappeurs, cette vermine à peine française qui ne connaît de Voltaire que la station de métro éponyme et qui, au lieu d’aller bosser chez MacDo comme tout honnête citoyen, rêve d’un nouvel Holocauste en s’adonnant aux tournantes.

C’est un repenti – donc un gars crédible – qui dévoile le pot-aux-roses. Un brave garçon, certes un peu obsédé par la sodomie – il est vrai qu’il a eu une enfance difficile dans le neuf-trois –, mais qui, à force de persévérance, a réussi à se libérer de la camisole paramilitaire qui enserre les HLM franciliennes, ces zones de non-droit où l’on a déjà programmé l’extermination des “Gaulois” et des “feujs” – comme ils disent à Ouarzazate-sur-Seine –, pour rejoindre le maternel giron rachidadatiste.

Cet ex-chanteur de variétés, autrefois proche des poseurs de bombes islamiques de Sarcelles, fait honneur à la méritocratie à la française puisque, après avoir repris des études de médecine, il est aujourd’hui un spécialiste mondialement reconnu de l’appareil génital féminin.

Je veux bien sûr parler de Doc Gynécologue.

Dans une interview initialement parue dans le journal progressiste Israël Magazine, interview qui marquera au fer rouge l’histoire de la lutte contre l’obscurantisme, ce lanceur d’alerte préconise, en substance, que les forces spéciales soient déployées dans les quartiers populaires, de Marseille à Lille, afin de repousser l’invasion hip-hopo-benladiste et son cortège de pogroms.

Cet entretien est d’autant plus passionnant qu’il est conduit avec brio par un journaliste dont la subtilité des questions – aussi ouvertes que le sommet annuel du groupe de Bilderberg l’est aux altermondialistes –, la culture – vaste comme un territoire occupé – et la pondération – digne des artilleurs de Tsahal – m’incitent à lui proposer de tenir une chronique régulière dans Charlie. Comme titre, j’ai pensé à “Autodéfense civile”.

Doc Gynécologue est par ailleurs secondé dans ses réponses par son ex, un écrivain germanopratin – donc talentueux – qui a laissé sur la littérature contemporaine une trace au moins aussi profonde que celle de mes éditos de France Inter sur l’histoire des idées, j’ai nommé l’incontournable Christine “te-trompe-pas-de-trou” Angot.

Un seul extrait suffira, je l’espère, à vous édifier:

David Reinharc : Vous préconisez la violence comme moyen légitime pour les Juifs de répondre à l’hostilité?


Doc Gynéco[logue] : Pour avoir pratiqué ces gens-là, je peux vous dire qu’ils sont en guerre.


David Reinharc : C’est qui, “ces gens-là”?

Doc Gynéco[logue] : Ceux qui ont besoin de tuer du Juif. Pour ceux-là, c’est la guerre à l’intérieur de nos frontières. Regardez Ilan [Halimi, note du philosophe]: tout le monde savait. Des filles, des garçons: on va loin, là. Tous complices: des trentaines de personnes étaient là, personne n’a bronché. Les Juifs doivent savoir se défendre comme ils l’ont toujours fait: c’est la guerre, vous savez. A un moment donné, il faut se battre: il ne faut pas avoir peur de se montrer violent. J’ai connu des Juifs réputés parce qu’ils se sont défendus chaque fois. Tout le temps. Ils sont respectés.

Christine Angot : Si vous regardez Le Chagrin et la pitié, on est encore dans la même France.

Je ne vous en cite pas plus, je dois filer chez l’armurier m’acheter un flash-ball. N’oubliez pas que je réside à Joinville-le-Pont, dans une zone à risque, et que la femme de ménage de Charlie est antillaise, donc potentiellement dieudonniste.

PS: ma collègue Caroline me glisse que pour sa part, elle a déjà dénoncé la nazification galopante des descendants d’immigrés dans une de ces chroniques qui font la fierté de Culture France et contribuent à marginaliser le FN en lui retirant le pain de la bouche.

Caricaturologie

13 août 2008

Jean Plantureux est un dessinateur français d’extrême droite.

Sorti diplômé de l’école des Beaux Arts de Berlin en 1936, il intègre les Hitlerjugend où il sera rapidement repéré par Goebbels. Il rejoint alors la Propagandastaffel, pour le compte de laquelle il réalise plusieurs affiches antijuives.

À la Libération, il parvient à fuir l’Europe pour la Syrie, où il réside sous la fausse identité de Plantu. Une fois ses forfaits prescrits, il revient en France où Le Monde aura la faiblesse de publier ses dessins à partir de 1972 – ce que fera également, sans rougir de honte, L’Express à partir de 1991.

Ancien homme de main du terroriste Arafat, dessinateur fétiche du Hezbollah, Plantu aurait de plus, selon les informations de mon amie Caroline, favorisé la cavale d’Oussama Ben Laden – avec l’aide de Siné.

Un nouveau départ

3 août 2008

Bon débarras!

Quel morpion, ce Siné!

Un vrai pot de glue.

Dix ans au moins que je tente de m’en débarrasser, sans succès. Alors je ne vais pas bouder mon plaisir. À vous, je peux bien le dire: depuis la semaine dernière, je crois que je suis un peu plus indulgent envers Radovan Karadzic et feu Slobodan Milosevic L’épuration satirique, ça a du bon. Ayé, j’ai tout nettoyé. J’ai fait mon tchetnik dans tous les bureaux de Charlie. J’ai plumé le dernier des Mohicans. Désormais ne restent que des fidèles. Ce sont un peu mes disciples. Ils sont tellement affectueux que parfois je me laisse aller à les appeler “mes toutous”.

Comme on dit au Festival de Cannes, je tiens à rendre hommage à Claude et Bernard (des copains), qui  m’ont bien aidé sur ce coup-là. “Traite-le donc d’antisémite, ça marche à tous les coups! qu’ils m’ont lancé un soir, à l’heure du cigare. Balance à l’AFP qu’il a trahi les valeurs fondamentales du journal ou un truc du genre, personne n’ira vérifier.” Claude a été très sympa, après m’avoir soufflé l’idée il m’a même donné un coup de main. En quelques jours, via RTL, une radio libre où il fait du bénévolat, on lui a réglé son compte, au Siné. Moi, comme alibi, j’étais parti écrire mon prochain traité de philosophie dans mes dépendances de la Drôme, histoire de faire comme si je ne m’y attendais pas.

— Quoi ? Un article antisémite dans MON journal ! j’ai répondu, en feignant de m’étrangler de surprise, quand les journalistes ont commencé à m’appeler. (On avait juste oublié, avec Claude, qu’en tant que directeur de publication j’étais censé l’avoir lue, cette chronique. Mais qu’est-ce que vous voulez, moi, dans Charlie, le seul truc que j’apprécie ce sont mes éditos, le reste je ne le lis même pas). Je tombe des nues! Et contre un goy, en plus, quelle horreur ! Vous dites ? Contre le fils du président de la République – celui qui “préfère un excès de caricatures à un excès de censure”? C’est inadmissible, foi de Val, Voltaire ne l’eût point souffert. Que le coupable fasse sur le champ trois pas en avant et son autocritique.

Au passage, j’avoue que c’était pas mal trouvé le coup de l’autocritique. C’est une idée d’Alain-Gérard (un pote). Exiger de Siné qu’il aille à confesse! Quelle poilade! On dira ce qu’on voudra, mais je trouve l’humour de mes nouveaux amis du Figaro beaucoup moins primaire que celui des dessinateurs islamo-gauchistes et hitlero-altermondialistes que j’ai trop longtemps fréquentés. Très caustique aussi la phrase qu’Ivan, un autre copain du Figaro, m’a soufflée :

— T’as qu’à raconter que c’est Siné, en refusant de signer des excuses, qui a préféré s’exclure de lui-même du journal, et que tu regrettes infiniment son choix. Les journalistes sont tous d’anciens communistes, ça devrait leur parler.

Je crois que j’ai joué à la perfection le rôle du rédac’ chef accablé par le départ de l’un des siens mais qui en même temps a des principes chevillés au corps, un peu comme Spinoza quand il écrivait: “Tout ce qui est, est ou bien en soi, ou bien en autre chose.” (Éthique I, Axiome I.) Depuis que j’ai monté les marches à Cannes avec Daniel Leconte, je me sens habité par le théâtre.

Le truc auquel Bernard et Claude n’avaient pas pensé, par contre, c’est cette… chose… immonde, là: cette place du village remplie de couilles de singes. Internet, oui, c’est ça. Quelle régression, ce truc! Je l’avais d’ailleurs annoncé de manière prémonitoire il y a quelques années. Internet met en péril la démocratie et l’héritage des Lumières. Car sur cette place du village, non seulement n’importe qui peut donner son avis mais, plus grave encore, personne ne pense comme moi.

Quand je suis rentré à Paris, pour piloter la cellule de crise au journal, j’ai bien senti que quelque chose était en train de mal tourner. Dans la rue, je voyais des tas de gens rigoler sur mon passage. Parfois des passants me prenaient le bras en me lançant, droit dans les yeux: “On vous soutient.” Même au journal, tout le monde semblait emmerdé, et je ne comprenais pas trop pourquoi puisque je savais que Siné, ils n’en avaient rien à foutre.

Du coup  j’ai appelé Caroline, une collègue très balèze qui piste par Internet les terroristes d’Al Quaida, pour lui demander ce qui se racontait dans cette agora pédo-nazie à propos cette histoire. Mais elle m’a répondu que là où elle séjournait en vacances, elle n’avait pas de connexion. C’est bizarre, parce qu’elle avait l’air gêné. Elle me parlait un peu comme à un mec dont tout le monde sait qu’il est atteint d’une maladie incurable, sauf lui.

C’est Charb qui m’a annoncé la nouvelle, en même temps que son entrée dans l’ordre des Chartreux à partir de la rentrée. C’est pas qu’il soit courageux, de manière générale, mais là, il semblait dans un état second, comme s’il avait gobé un truc. Après avoir pris son souffle, il est venu vers moi et m’a murmuré, le visage secoué de tics:

— Philippe, sur le Web on est la risée du monde entier – surtout toi, d’ailleurs. Il y a des milliers de commentaires hostiles à ta décision de virer Siné. Personne n’y a cru, à notre histoire d’antisémitisme. Tout le monde est au courant que Charlie est devenu un newsmagazine néoconservateur et coincé du cul. Même moi, je suis grillé, avec ta putain de lettre de désaveu signée des rédacs chef. On est cramés mon vieux, je préfère raccrocher. J’ai repéré un monastère sympa. C’est non-fumeur, silencieux… j’ai besoin de repos…

Charb étant très facétieux (en temps normal), j’ai voulu en avoir le cœur net. N’écoutant que mon courage, et malgré les tentatives insistantes de l’ensemble de la rédaction pour me décourager, j’ai tapé dans le formulaire de recherche Gougueule ces deux mots qui riment avec Voltaire: “Philippe Val”.

Et là, je crois que je me suis évanoui…

Photo: © Lemo, 10/02/2008, Paris, via FlickR.