Réseau Turbigo

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Les mercenaires fanatisés – ne vous fiez pas à leur visage poupin – des sections d'assaut du Nouveau parti anticapitaliste ont pour la plupart été recrutés par Olivier Besancenot en personne lors de ses voyages répétés au Proche-Orient. Leur devise, à elle seule, glace le sang: “Éditorialiste, tu es sur ma liste!”

Avec mes amis néo-cons’, on a décidé d’entrer en clandestinité, histoire d’échapper aux rafles le jour où Benito Besancenot exécutera son coup d’État social-fasciste.

M’inspirant des nombreux documentaires que je visionne en boucle depuis quarante ans et qui ont forgé mon expertise sur la Résistance comme sur la Solution finale (je pense bien sûr à La Grande Vadrouille, à La Vache et le prisonnier ou encore au Jour le plus long), j’ai eu une idée étincelante – que n’eût certainement pas reniée Jean Moulin – pour protéger nos véritables identités, et ainsi éviter que notre réseau nouveau-né soit démantelé en cas de pépin.

– Maintenant, mes amis – que je leur ai dit, à l’occasion du cocktail que donnait Alexei au Relais du Bois de Boulogne pour fêter le retour aux Baumettes de Jean-Marc Rouillan –, à chaque fois qu’on se contactera, que ce soit par fax, par Bebop ou par Blueberry, on s’appellera par des noms de code. De cette manière, personne parmi nous ne pourra connaître l’identité des autres membres du réseau (que je baptise Réseau Turbigo), et a fortiori les dénoncer en cas de torture par les sections d’assaut prolétariennes.

– Mmhhh… c’est une idée très barbichue, réagit Laurent, enthousiaste. J’adhère totalement. Moi, mon surnom, ce sera… mmhhh, euh, tiens: “Vive-la-crise!” Ça sonne bien, et puis c’est indémodable, mmhhh.

– C’est très poétique, en effet, Laurent ; et ça nous rappelle tant de bons souvenirs… Mais à vrai dire, j’avais pensé à un système moins fantaisiste et plus harmonieux… plus européen en somme, comme dirait Jean de Bruxelles. On va s’attribuer les noms de code des conservateurs alimentaires! Toi, Laurent, tu seras E200. Et moi, E210. Alexei, on t’appellera E214; toi, Bernard, tu seras E242. Et ainsi de suite. Comme ça, on s’en souviendra aisément, vu qu’on est plus à l’aise pour compter sur nos doigts que pour manier les concepts. Et puis surtout, ça nous permettra de repérer facilement les traîtres inflitrés dans nos rangs. Par exemple, si un actionnaire du réseau se fait appeler “W” ou “Triple-Crème”, on saura que c’est un faux conservateur et un véritable imposteur à la solde du social-fascisme vert-de-rouge.

– Philippe… commença Bernard, avant que je l’interrompe sèchement.

– E210!

– Oh, zut ! La boulette ! Pardonne-moi, E210, je n’ai pas encore l’habitude. Je disais donc que cette trouvaille grandiose fait de toi le fils spirituel de Jacques Chaban-Delmas.  Si mon frère de lait, Ahmed Chah Massoud, était encore de ce monde, il lancerait sans doute cette exclamation tadjike, empreinte de sagesse millénaire: “Ça me troue le cul!”

– Avec ton idée, je crois que la Gestapo trotskiste a du souci à se faire, surenchérit Ivan, enivré par les promesses d’aventure de notre nouvelle vie clandestine. Comme disait Jean-Paul II, non sans malice, à propos des théologiens de la libération: “On va leur mettre profond!”, ajouta-t-il, le poing droit levé et la coupe de Dom Pérignon dans la main gauche.

C’est alors que E316 (aka Gérard Carreyrou, mais gardez-le pour vous: des vies sont en jeu), le regard perdu au loin, en direction du buffet, passa devant notre attroupement en engouffrant coup sur coup, tel un zombie boulimique, une quinzaine de mini-quiches à l’andouillette.

Pour détendre l’atmosphère, oppressante, de la Nuit de Cristal sans lune qui descendait sur Neuilly-sur-Seine, je lui ai lancé:

– Ben alors, mon Gégé, t’as de l’appétit, pour un mec écœuré!

– Déconne pas avec ça, Philippe (ce con va griller notre réseau, il faut qu’on le briefe d’urgence sur nos nouveaux noms de code): cette histoire m’a retourné l’estomac – dis donc, je peux goûter de tes petits fours au cassoulet, ils ont l’air savoureux? Tu sais, il faut appeler un Charb un Charb: Christophe est un Judas. Quoi qu’il prétende, il a concouru objectivement, avec cet entretien indigne de la presse de service public, à faire l’apologie de la lutte armée et du terrorisme. Ce Rouillan liquide les patrons au rythme où Alexei engloutit les millefeuilles! Il n’a pas sa place dans la communauté des actionnaires: qu’il retourne croupir parmi les rats et les blattes, ses semblables, ses complices. (Ah, chouette, regardez: je crois qu’ils viennent de servir les canapés aux boudins et saucisse de Morteau…)

Aussitôt, E316 fila vers le buffet pour y noyer son angoisse de voir, demain, parader sur les Champs-Élysées les hordes d’hilotes dégrisés du grand parti social-fasciste de masse, aux connotations manifestement antisémites, d’Adolf-Joseph Besancenot.

– Pauvre E316, poursuivis-je, ému aux larmes. Il est sans doute le plus sensible parmi nous. Mais je comprends son désarroi. Depuis la seconde élection de l’émir al-Chirac, ce bédouin polygame, je ne reconnais plus ma France pour tous. Ici, des admirateurs de Jean-Marc Rouillan tripatouillent des explosifs pour faire voler en éclats nos chers radars – sans lesquels il ne saurait y avoir de véritable démocratie. Là, je découvre, hébété, la pâmoison active de certains artistes en faveur de tueurs en cavale, généralement italiens – comme dit si bien E214, à qui j’emprunte aussi les citations qui suivent.

Ce monde est devenu fou! Combien de visionnaires sommes-nous à percevoir que si nous devions subir prochainement “un accident économique sérieux” – ce qui pour l’instant, Dieu merci, est loin d’être le cas, si l’on excepte la courbe des ventes de Charlie Hebdo –, alors  nous au­rions “à faire (sic) à une poussée populiste et autoritaire de grande ampleur”? Cette poussée vénéneuse, véritable montée de lait chinois frelaté aux mamelles de l’islamo-fascisme, a un nom: le Nouveau parti anticapitaliste!

– E210… mmhh… c’est fort ce que tu dis, hein… tu me donnes des frissons, a marmonné E200. Je propose qu’on fasse dérailler le TGV de Besancenot la prochaine fois qu’il ira à Marseille fomenter avec Rouillan la déportation en Sibérie des cadres du Medef, mmhh, hein? Comme au bon vieux temps du réseau Résistance-Fer

– Tu sais, E200, il ne faut pas se tromper de combat. On n’est plus en 1943. J’ai lutté pendant quinze ans pour que le TGV desserve la Drôme et le Lubéron, au nom de l’égalité et de la fraternité républicaines devant les week-ends prolongés, alors je ne vais pas tout foutre en l’air aujourd’hui à cause d’un facteur, fût-il social-fasciste.

Non, j’ai une bien meilleure idée: on va prendre ce Rouillan à son propre jeu. On va proposer à la justice de le laisser en semi-liberté, non pas chez les talibans d’Agone, ces hommes de paille de Mollah Chomsky, mais… à la rédaction de Charlie Hebdo! Hin! hin!

Ah, il veut tâter du patron! Eh ben, je vais la lui faire avaler, moi, sa dictature du prolétariat. Il va bientôt me donner du “Sir! Yes Sir!”, le menton tendu vers l’Université d’été du Medef. Il nous bassine avec l’impérialisme?  Il la ramènera moins quand il récurera les chiottes du Charlie Hebdo, le fleuron de nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, quelque part entre le Golfe Persique et l’océan Indien! Ha! ha! Môôssieur Rouillan reste convaincu que la lutte armée à un moment du processus révolutionnaire est nécessaire! Ça tombe bien, c’est justement l’avis de Caroline! Sauf que sa révolution – néo-conservatrice – à elle est soutenue par des honnêtes gens, des Amish à Jean-Louis Debré, et que désormais c’est elle qui flingue à tout va, du Monde à France Culture en passant par “Ripostes”… Ah, ça, je peux te dire qu’après trois mois de stage non rémunéré au 44, rue de Turbigo, il va regretter les Baumettes, notre Francis Heaulme marxiste-léniniste! Dès demain matin, j’appelle le juge d’application des peines pour lui expliquer mon plan.

– Phil… euh, je veux dire E210, mmhh… ton plan est diabolique, euh, mmhh, enfin disons plutôt… diablement laïque!

– Je vais le mater, moi, votre Rouillan ! Avant la nouvelle année il récitera le catéchisme d’Oncle Bernard et de Sœur Caroline. Et puis ça me fera du bien, un peu d’exercice, parce qu’avec des gauchistes de division d’honneur comme Charb et Luz, je commençais à prendre du bide. Faire rentrer dans le rang le fondateur d’Action directe, cet ancien loup-garou des Gari, ça aura tout de même plus de gueule, sur mon tableau de chasse, que le rachat de Charlie en viager à ce béni-oui-oui de Cavanna.

Rouillan, si tu me lis, sache que mes gardes du corps et moi t’attendons au mess du journal – si d’aventure tu as les couilles pour t’y aventurer: Fort de Vincennes, allée D, bâtiment 3G. Viens sans armes, ça nous évitera de te tirer comme un lapin. On ne te demande qu’une chose si tu veux revoir un jour ta famille et tes amis ailleurs qu’au parloir: renier tes convictions social-fascistes et faire savoir à tes admirateurs que le libéralisme est le meilleur ami de l’homme.

Rien de plus; tu vois, c’est pas méchant. N’oublie pas que ce qui nous différencie avant tout, c’est que, contrairement aux terroristes dans ton genre, nous autres, démocrates, sommes viscéralement attachés à la liberté d’expression…

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9 Réponses to “Réseau Turbigo”

  1. E214 Says:

    Bonjour E210.

    Finalement, tu m’as convaincu, il vaut mieux s’identifier avec des noms de conservateurs alimentaires plutôt qu’avec des noms de graisses saturées, comme je l’avais demandé lors de nos réunions préparatoires.

    Afin d’étoffer le réseau Turbigo, je suis prêt à me priver de mon deuxième petit-déjeuner pour écouter la revue de presse de 8h30 de France Inter car, n’as-tu pas remarqué, Frédéric Pommier nous livre des noms précieux d’éditorialistes de France et de Navarre qui résistent à la dictature de l’Axe Besancenot-Ben Laden-Halimi.

    voici un extrait de ma prochaine chronique, consacré à ton titanesque et courageux combat contre l’infâme Siné :

    Un grand penseur commence à rédiger son prochain chef-d’œuvre entre sa maison du Luberon et le palais marocain de Bernard-Henri. L’Homme aux Mille qualités ou Comment philosopher avec Spinoza en ces temps obscurs, à peu près au moment où le désastre gauchiste devient lisible, nous dépeint une mode particulièrement étrange dans la capitale de la France, durant l’été 2008. Toute la bonne société, intellectuels et artistes notamment, s’enthousiasme, en effet, pour un grabataire cacochyme à bout de souffle aussi aviné qu’antisémite ; tout le monde le trouve étonnamment poétique et audacieux.

    Val nous parle de ce fait honteux synonyme de décadence de la pensée, parce que probablement le nauséabond Siné a dû partager sa tournée, dans une taverne quelconque, avec un autre nauséabond du nom d’Adolf Hitler qui, lui, n’en resta pas aux dessins vulgaires et chroniques ineptes dans l’ambition destructrice. L’enthousiasme gaucho-islamiste pour le vieil alcoolique rappelle, comme dans un balbutiement de l’Histoire, l’émotion en faveur du grand criminel.

    Qu’en penses-tu ?

    Ton admirateur, E214.

    PS : les petits fours étaient excellents mais manquaient de reblochon.

  2. E300 Says:

    Salut à tous, mais surtout à toi E210…

    :-DDDDDDDDDDDDDDD……………

    S’teuplait continue à me (nous) regaler…

  3. Daniel Leconte Says:

    Bonjour Philippe,

    J’ai une idée de film pour nous renflouer après l’échec de C’est dur d’être aimé par des cons ( échec qui prouve que l’islamo-gauchisme français est plus avancé que nous le pensions ). C’est un remake de Patton, consacré au réseau Turbigo, à sa lutte contre l’ennemi de l’Occident et à toi, son général en chef.
    J’ai déjà écrit le monologue du début, que tu prononceras sur fond de drapeau de l’OTAN.

    « Maintenant, je veux que vous vous souveniez qu’un éditorialiste, un Intellectuel donc, n’a jamais gagné une guerre en mourant pour Spinoza. Vous la gagnez en faisant en sorte que l’enfant de salaud d’en face meure pour sa patrie iranienne et son parti du NPA. Messieurs, toutes ces imbécilités que vous avez pu entendre sur les Intellectuels ne voulant pas se battre – voulant rester en dehors du conflit – n’est qu’un tas de purin hallal. Les Intellectuels aiment par tradition se battre. Tous les vrais Intellectuels aiment l’odeur d’une bataille. Quand vous étiez gosses, vous admiriez tous J-F REVEL, A. GRIOTTERAY, Louis PAUWELS, le Général McArthur . Les Intellectuels aiment les gagnants qui lisent Spinoza et ne tolèreront jamais les perdants qui lisent Fontenelle. Les Intellectuels écrivent toujours pour que l’OTAN gagne. Je ne donnerais même pas une place en enfer pour un type qui s’inscrit au NPA, lit Siné Hebdo et en rigole. C’est pourquoi les Intellectuels n’ont jamais perdu et ne perdront jamais une guerre, parce que la simple idée de perdre est insupportable pour les Intellectuels : aussi insupportable que de ne pas passer dans une émission d’Yves Calvi durant une semaine. Ainsi, notre armée est une équipe, ça vit, ça mange, ça dort et ça se bat comme une équipe. Cette question de l’individualité n’est qu’un tas de bêtises. Nous avons la meilleure nourriture grâce à Alexei et le meilleur équipement, grâce au service abonnement du Nouvel Observateur, le meilleur esprit, et les meilleurs hommes au monde. Vous savez, ô Montaigne, ô Spinoza, que j’ai cependant de la compassion pour ces pauvres enfants de putain contre qui on va se battre. Par Voltaire, j’en ai. Nous n’allons pas nous contenter de seulement buter ces bâtards, nous allons leur arracher les tripes vivantes et utiliser leur sang pour écrire nos éditoriaux. Nous allons tuer cette bande de bâtards gauchistes. Maintenant, je sais que certains d’entre vous s’inquiètent si vous allez ou non trembler comme des poules au combat. Ne vous inquiétez pas à ce sujet. Je peux vous garantir que vous allez faire de votre mieux. Les Nazis islamo-gauchistes sont nos ennemis, rentrez-leur dedans, faites couler leur sang, faites-leur mordre la poussière. Quand vous mettrez votre main dans un tas de chair où un instant avant se trouvait la face de votre meilleur ami abattu par les assassins d’Action Directe, vous saurez que faire. Aussi, il y a une autre chose dont je veux que vous vous rappeliez. Je ne veux pas recevoir le moindre message disant que nous tenons nos positions. Nous ne tenons rien du tout ou alors nous laissons ces barbares faire ce qu’ils veulent et menacer nos dividendes et nos maisons dans le Lubéron. Nous avançons constamment et ne sommes intéressé de tenir rien du tout, excepté l’ennemi social-fasciste. Nous allons les mener par le bout du nez et leur botter le cul. Nous allons leur botter le cul tout le temps et les faire ramper dans la merde. Ainsi, il y a une chose que vous pourrez dire quand vous serez de retour à la maison, et vous pourrez remercier Soeur Caroline pour çà. Dans trente ans, quand vous serez assis au coin du feu avec votre petit-fils sur vos genoux, à lui lire les meilleurs passages d’Ennemis Publics, et qu’il vous demandera : »Qu’as-tu fait durant la grande Grande Guerre de Civilisation ? », vous n’aurez pas à répondre : « Et bien, je lisais le Plan B et le Monde Diplomatique « . Voilà, maintenant Editorialistes, vous savez ce que je pense et que je serai fier de pouvoir vous mener dans les batailles, n’importe où, n’importe quand. C’est tout »

  4. Antisemitisme Says:

    Bravo

  5. nikonekro Says:

    « Non, monsieur » Gérard Carreyrou vous n’entrerez jamais dans la lutte armée, n’ayant que trop abusé des riches buffets de vos longues et fastueuses nuits de cristal, entre confrères, industriels et politiques…Guard aux renards E316, qui te guètent tapis dans l’ombre de leur l’anonymat meurtrier…suppôt du pouvoir et du patronat!

  6. Joseph BESANCENOT Says:

    Monsieur Phillippe V!
    Je m’apel Joseph BESANCENOT et je désirerai que vous cessiez d’utiliser mon nom surtout pour en faire ce que vous en faite!!!

    Je n’ai pas d’orientation politique…
    D’avance MERCI

  7. Besancenot Says:

    Merci d’utiliser mon nom avec la prudence qui s’impose. Je m’appelle Yves Besancenot et je préférerais que votre utilisation constante de mon patronyme associé à des prénoms de sinistre mémoire ne me porte pas préjudice … A bon entendeur .

  8. Philippe V la * au cirage Says:

    Philippe V; est une merde sans honneur, je lui nique sa mére

  9. Philippe V la * au cirage Says:

    en plus c un looser, il s’est fait viré comme un bouzeux qu’il est

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