In memoriam

faux texte

J'avais fait la connaissance d'Alain en 1943, au sein du réseau Orion, mais depuis nous nous étions perdus de vue.

Alain s’en est allé.

En parcourant sa nécrologie, ce matin, dans mon quotidien préféré, j’ai cru un bref instant qu’il s’agissait de ma propre oraison funèbre.

Jugez-en.

“Grand résistant » – comme moi.

“Polémiste”, “grande plume” – comme qui?

“Éditorialiste passionné” – oui, comme Bibi.

“Homme de convictions” – tout pareil.

“Pourfendeur de la gauche” – décidément!

“Ce républicain avait soutenu la candidature de Rachida Dati dans le VIIe arrondissement de Paris en invoquant […] le ‘génie assimilationniste’ de la France” – j’en pleurerais!

Bref, si j’écarte son euroscepticisme, je découvre, ému, à l’heure de ses funérailles, que j’avais un frère jumeau.

En signe d’admiration, j’ai d’ailleurs informé mon notaire, Me Malka, que je souhaitais avoir comme épitaphe l’une de ses plus belles phrases:

“Je crois à la France comme je crois en Dieu!”

À Dieu, frangin.

Photo: © Francois Perri/REA

Publicités

Étiquettes : , ,

2 Réponses to “In memoriam”

  1. Flagor Says:

    Cher Philippe,

    “Je crois à la France comme je crois en Dieu!”

    Je retrouve ici votre esprit caustique.
    Oserais-je vous l’avouer ? Oui, le doute m’a gagné à la lecture de votre abandon dans cette abbaye obscure. Je vous imaginais, le sourire aux larmes, enivré par quelque parfum de rose ardéchoise, déambulant tel Jean-Pierre Foucault un pendule à la main entre folie et déraison. Subitement, j’ai eu la révélation qu’il s’agissait d’un cauchemar : j’aimerais tant vous secouer pour en abréger les affres ou le métamorphoser en rêve appréciant l’art et la beauté dans l’esthétique médiévale. In mémoriam m’a décillé les yeux – ce ne fut pas trop douloureux – et ai retrouvé pleinement confiance en vous et en votre jugement.

    A ce propos – votre sens critique – pensez-vous que le site mis en lien ci-dessus soit du lard ou du cochon ? J’ai un doute… Encore ? Oui.

    Vôtre.

  2. philippeval Says:

    Estimé Flagor,

    Croyez-bien qu’en cette période de pogroms sanglants contre les directeurs de publication d’hebdomadaires satiriques paraissant le mercredi et domiciliés rue de Turbigo à Paris, je ressens vos messages comme une fontaine apaisante de Mercurochrome venant cicatriser les blessures – à vif – qui me rongent le corps et l’âme.

    Concernant Brave patrie, je vous en recommande la lecture. Même si nous ne sommes pas du même bord – puisque, comme vous le savez, je me situe à l’extrême droite de la tendance catholique-sociale du courant ultralibéral de l’extrême gauche du Modem favorable à un rapprochement avec Manuel Valls –, j’apprécie leur force de conviction, leur vibrant patriotisme ou encore la modernité de leur logiciel économique.

    Vous pouvez y aller sans crainte, Flagor, ce sont des Républicains d’appellation contrôlée dont la France peut s’honorer de les compter parmi ses fils. Leurs analyses sont, parfois, presque aussi clairvoyantes que les miennes. En fait nous divergeons essentiellement quant au choix de nos restaurants de prédilection respectifs. Eux sont plutôt Rive droite.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :